Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/137

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« Qui sont vos saintetés, ô vous, qui pendez, la tête en bas dans cette caverne, vous retenant à une touffe de virana, que ronge de tous les côtés un rat caché dans cet antre, son habitation perpétuelle ? » 1032.

« Nous sommes des anachorètes de la classe nommée les Yâyâvaras, lui répondirent ses aïeux. Nous avons été fermes dans nos observances ; mais nous descendons en bas maintenant vers la terre, parce que notre postérité va bientôt s’éteindre, 1033.

» Nous avons, infortunés, que nous sommes, un seul descendant, appelé Djaratkârou ; mais il s’occupe, le malheureux, uniquement de pénitences. 1034.

» Il ne veut pas se choisir une épouse pour engendrer des fils. Aussi nous voici, comme des malfaiteurs, sans protection de celui, qui doit nous protéger, pendus et croulant ici dans une caverne par l’extinction de notre postérité. Mais qui es-tu, homme sensible, qui compâtis à nos peines, comme un parent ? 1035-1036.

» Brahme, nous désirons apprendre qui est ta sainteté debout ici devant nous, et pourquoi tu nous plains, nous vraiment à plaindre, ô le meilleur des hommes ! » 1037.

« Vos révérences sont mes ascendants, reprit Djaratkârou, mes pères et mes aïeux. Dites ! Que dois-je faire en ce moment, moi, qui suis Djaratkârou même ? » 1038.

« Applique-toi de toutes tes forces, mon fils, lui répondirent ses pères, à propager notre famille pour ton intérêt et pour le nôtre. Révérend, c’est là ton devoir. 1039.

» Car, mon ami, ce n’est pas en accumulant beaucoup les macérations et les mérites des observances, que l’on entre dans cette voie, qui s’ouvre d’elle-même pour ceux qui ont des fils. 1040.