Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/210

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penchant à la colère, tu ne sortiras plus ainsi du devoir.

» En effet, la colère efface les mérites du devoir, que les Yatis amassent avec tant de peine ; et la route, qui mène au but désiré, n’existe plus, mon fils, pour ceux qui ont abandonné le devoir. 1731-1732.

» La patience ajoute à la perfection des ascètes, qui ont appris à supporter une offense. Ce monde-ci appartient aux hommes patients, et c’est aux hommes patients, qu’appartient aussi l’autre monde. 1733.

» Va donc et victorieux des sens, adonne-toi sans relâche à la patience : c’est à la patience, que tu devras ton entrée dans les mondes les plus voisins de Brahma. 1734.

» Mais je ferai, mon enfant, ce que je puis faire, moi, qui suis monté sur le degré de la patience, et j’enverrai dire à ce roi : 1735.

« Tu as été maudit par mon fils, un enfant, de qui la raison n’est pas encore tout à fait mûre, et qui n’a pu voir sans colère, sire, l’offense, que tu m’as faite. » 1736.

Après qu’il eut donné à son fils cette leçon, reprit le Soûtide, le grand ascète à l’âme compatissante, aux vœux inébranlables, envoya au monarque un disciple, nommé Gàauramoukha, attentif à ses paroles et d’un bon naturel, à qui il enseigna l’étiquette des choses et la manière, dont il fallait demander au roi Parikshit comment il se portait. 1737-1738.

L’envoyé se rendit en diligence chez le monarque issu de Kourou. D’abord les portiers annoncent sa venue ; ensuite, il entre dans le palais. 1739.

L’Indra des hommes traite avec honneur le brahmane Gàaurainoukha ; et, sans prendre le temps de se reposer, le pieux messager expose au roi en présence des ministres.