Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/348

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» Eh bien ! rejetée par toi, je m’en irai à mon hermitage ; mais ne veuille pas abandonner cet enfant, qui est ton fils ! » 3059.

« Je ne me connais pas de fils, né de toi, Çakountalâ ! répondit Doushmanta. Qui ajoutera foi à ton langage, femme aux paroles sans vérité ? 3060.

» Ménakâ, ta mère, qui t’abandonna sur un plateau de l’Himâlaya, comme un bouquet fané, rebut d’une offrande, était une courtisane sans pitié. 3061.

» Il était aussi sans pitié, ce Viçvamitra, ton père, qui, ambitieux de s’élever jusqu’au rang des brahmes, ne s’en laissa pas moins enchaîner par l’amour. 3062.

» Ménakâ est la plus grande des Apsaras : celui, que tu appelles ton père, est le plus éminent des maharshis : pourquoi, si tu es leur fille, parles-tu comme une libertine ? 3063.

» Tu ne rougis pas de tenir, surtout en ma présence, ce langage incroyable ! Va-t-en, mauvaise pénitente !

» Qu’y a-t-il de commun entre ce maharshi éminent, qu’y a-t-il de commun entre la nymphe Ménakâ et toi, malheureuse, qui de la pénitente ne portes que l’habit ? 3064-3065.

» Comment cet enfant, ton fils, d’une taille si élevée et d’une force si grande, aurait-il pu s’élever dans un temps si court, tel que la colonne d’un palais ! 3066.

» Tu donnes au plus vil prix tes baisers [1] ; tu parles comme une fille publique, et sans doute tu es née d’un libertinage d’amour avec une Ménakâ vagabonde ! 3067.

» Tout ce que tu as dit, pénitente, n’a jamais frappé

  1. Vulva tibi est admodum vilis ou despecta.