Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/553

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Après qu’ils eurent servi des festins aux Kourous par milliers, les brahmanes à leur tête, après qu’ils eurent distribué des masses de pierreries et les plus beaux des villages aux principaux des brahmes, ils prirent les fils de Pândou, honneur des Bharathides, qui avaient satisfait aux devoirs de la purification, et tous ils rentrèrent dans la ville, qui tire son nom des éléphants. 4965-4966.

Tous les habitants de la ville et des campagnes ne cessèrent jamais de regretter l’auguste Bharatide, qui n’était plus, comme une famille pleure un des siens, que la mort vient de frapper. 4967.

Le çrâddha fini, voyant le peuple désolé, Vyâsa dit à sa mère, accablée par la douleur et délirante de chagrin :

« Les temps sont dépouillés de leurs plaisirs, des infortunes les assiègent, la terre a perdu sa jeunesse, chaque jour est criminel et chaque lendemain encore plus.

» Si le monde, envahi par des fraudes sans nombre et tout rempli de mille péchés, rompt avec les bonnes mœurs, les cérémonies religieuses et la justice, il deviendra une chose épouvantable. 4968-4969-4970.

» Tel est le dérèglement des Kourouides que la terre va bientôt cesser d’être. Pars donc ! voue-toi à la méditation et vas habiter, recueillie en toi-même, dans la forêt de pénitence. 4971.

» Puissent tes yeux ne pas voir la ruine de ta race ! » Elle promit d’agir ainsi, entra dans le gynœcée et dit à sa bru : 4972.

« Ambikâ, la mauvaise conduite de ton petit-fils va causer la perte des Bharatides, de leurs fils et des habitants de cette ville même : voilà ce qui nous fut rapporté. 4973.