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LE MAHA-BHARATA.

« Comment pourrait-elle être légitimement l’épouse unique de plusieurs maris ? Ce fait ne serait-il pas de la promiscuité ? Que ta sainteté me dise tout suivant la vérité. » 7256.

« J’ai envie, répondit Vyâsa, de connaître individuellement les opinions de vous tous relativement à cette loi, qui semble une infraction, que prohibent les usages du monde et les règles du Véda. » 7257.

Droupada fit cette réponse :

« J’estime que c’est une faute, défendue par le monde et le Véda : il n’existe pas une femme, ô le plus vertueux des brahmes, qui soit l’unique épouse de plusieurs maris.

» Et même c’est une loi, qui ne fut jamais suivie par nos magnanimes devanciers ; et même c’est une faute, que les sages ne doivent commettre en aucune façon. 7258-7259.

« Je ne prendrai jamais une telle résolution sur la chose, dont il s’agit ; car cette loi me semble toujours pleine d’incertitude. » 7260.

« Comment, brahme opulent de pénitences, dit à son tour Dhrishtadyoumna, comment, ô le plus éminent des régénérés, le frère aîné, s’il est vertueux, pourra-t-il serrer dans ses bras l’épouse de son frère puîné ? 7261.

» Mais le devoir est chose si délicate que nous ne connaissons aucunement sa voie ! « Le péché est vertu ! » Des hommes tels que nous sommes n’admettront jamais ce paradoxe. Moi, qui te parle, je ne puis admettre d’aucune manière cette énormité : « Que Krishnâ soit l’épouse de cinq maris ! » 7262-7263.

« Ma bouche ne dit rien, qui ne soit la vérité ; ma pensée ne met pas sa joie dans le péché, reprit Youddhishthira :