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LE MAHA-BHARATA.

assis, et sort de l’assemblée, accompagné des rois. 1368.

À la suite de ces choses, le roi Youddhishthira s’en alla vite trouver Çiçoupâla et lui adressa ces paroles douces, que précédait une caresse : 1369.

« Ce que tu as dit, sire, n’était pas convenable ; c’était injuste au plus haut point, un langage injurieux, sans aucune utilité ! 1370.

» Un prince ne doit jamais oublier le devoir, son premier objet. D’ailleurs, tu ne devais pas mépriser Bhîshma, le fils de Çântanou. 1371.

» Vois ces nombreux souverains de là terre : ils sont plus vieux que toi et ils souffrent que l’hommage soit décerné à Krishna ; mais toi, tu ne daignes pas le supporter ! 1372.

» Connais Krishna dans la vérité : en effet, roi de Tchédi, Bhîshma, ce digne enfant de Kourou, est loin de le connaître sous les couleurs que tu l’as peint ! » 1373.

« On ne doit pas employer de ménagements avec cet homme, interrompit Bhîshma. Celui qui n’approuve pas l’hommage rendu à Krishna, le plus grand du monde, ne mérite pas de caresses. 1374.

» Le kshatrya, qui a vaincu dans la bataille un kshatrya, est le plus grand de ces deux combattants. Le guerrier, qui remet en liberté celui, qu’il a fait prisonnier, devient son gourou. 1375.

» Dans cette assemblée de rois, je ne vois pas, il est vrai, un seul monarque, de qui la vigueur de Çiçoupâla, fils de Sâtwatî, n’ait triomphé dans la guerre. 1376.

» Mais cet héroïque Atchyouta n’est pas seulement le plus digne de nos hommages, il mérite même ceux des trois mondes. 1377.

» Krishna en effet a vaincu une foule des plus grands