Page:Faucher de Saint-Maurice - À la brunante, contes et récits, 1874.djvu/106

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98 ▲ LA BRUNANTB. La voix était toute proche ; et, avec cette solution de continuité qui caractérise les idéps d’un chevalier de la bouteille, une nouvelle chanson faisait vibrer les vitres du réjouissant repaire où ces dames commé¬ raient à loisir. EU’ n’est pas plus belle que toi, Mais elle est plus savante : Eli’ fait neiger, ell* fait grêler, Eli’ fait le vent qui vente Sur la feuille ron.... don.... don don Sur la jolie feuille rondî. Eli’ fait neiger, ell* fait grêler, Eli* fait le vent qui vente, EU’ fait reluire le soleil A minuit, dans ma chambre. Sur la feuille, etc. — Ah ! sainte bénite ! j’en ai les cheveux à pic sur la tête, gazouilla à la sourdine la mère Gariépy. L’avez-vous entendu comme moi ? vous autres : Il fait reluire le soleil, A minuit dans sa chambre ! — Oui, c’est triste, bien triste, toutes ces choses, continua la suave Angélique; et pourtant, ce soleil qui à minuit reluit dans sa chambre, n’est qu’un faible commencement de la fin. Le pauvre garçon en souffrira bien d’autres ! Ces dames se reprirent à jaser de plus belle ; car, la voix s’était perdue dans le lointain et pourtant de prime abord celui qui en était le propriétaire ne méritait certainement pas si triste renommée.