Page:Faucher de Saint-Maurice - À la brunante, contes et récits, 1874.djvu/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LE FEU DES ROUSSI. IO9 tambourinait de ses doigts sur la vitre de la fenêtre, il se prit à dire tout à coup : — J'ai envie de me marier, Marie ? — Un jour le diable se fit ermite, murmura dou¬ cement la malade, en remettant son bol de tisane sur la petite table placée auprès de sa berceuse. — Je ne suis plus le diable, pauvre Marie ; depuis un mois me voilà rangé. Déjà ma réputation de viveur s'en va par lambeaux, et maintenant j’ai besoin d’une bonne fille pour me raffermir dans la voie droite. Vous savez... . l'habitude de chanceler . ne se perd pas facilement, ajouta-t-il en riant. Puis, redevenant sérieux, il dit : — Voulez-vous être ma femme, Marie ? — Vous allez vite en besogne, monsieur Cyprien, reprit la malade ; et vous profitez de l'intérêt que je vous porte pour vous moquer de moi. Vous ne vous corrigerez donc jamais de votre esprit gouailleur ? — Dieu sait si je dis la pure vérité, Marie ! — Dieu ! mais tout le village sait aussi que vous avez dit cent fois ne pas y croire. — Ah ! mon amie, c'étaient alors de folles paroles que je passerai toute ma vie à expier. J’y crois, maintenant. Plus que cela, j’y ai toujours cru ! — Et qui me le dit, maître Cyprien ? avec des viveurs comme vous autres, nous, pauvres filles, il est toujours bon de prendre ses précautions.