Page:Faucher de Saint-Maurice - À la brunante, contes et récits, 1874.djvu/296

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290 LES BLESSURES DE LA VIE. en te faisant tomber au milieu de ces murs nus. Tu n’y trouveras, à peu près, que l’adresse qui te taquine. Et il me donna l’information requise. Je le remerciai de ce service tout en faisant mouve¬ ment de retraite vers la porte. A ce moment, mes' regards tombèrent sur une ancienne boîte d’emballage, appuyée à l’un des angles du petit grenier. Un fragment de tapis, couvrant de la paille qui sortait curieusement quelques brins ça et là, annonçait que ce meuble primitif avait été promu au rang de couchette. Sur ce lit improvisé, s’entassaient pêle-mêle les épaves de ce qui avait pu être autrefois une garderobe, et à travers ce fouillis inextricable de manches d’habits valétudi¬ naires et de jambes de pantalons invalides, se déta¬ chait une charmante tête d’enfant endormie, blonde, souffreteuse, mais d’une ressemblance frappante avec celle de mon camarade. — Quoi, Paul, non seulement propriétaire, mais encore père de famille ! — Hélas ! oui, mon bon ami ! père de ma petite sœur qui représente tout ce qui reste ici-bas, pour moi, du joyeux mot de famille. Bien des larmes se cachaient sous les haillons de ce dénûment. Par ma maladresse je venais d’en faire jaillir la source. Maintenant il y avait presque des sanglots dans cette voix, et ne trouvant rien de mieux à faire,