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vidus, est un produit de l’hérédité, du milieu et de l’éducation ; c’est dire que le caractère subit des évolutions et peut être amélioré par une bonne éducation.


CARDINAL. n. m. Dans l’église catholique, le plus haut dignitaire après le pape. Le cardinal ne fut pas de tous temps le personnage influent qu’il est aujourd’hui ; à l’origine était ainsi dénommé le prêtre chargé de l’aumônerie de l’église ; et, bien que supérieur au curé ordinaire de la paroisse, dans l’ordre hiérarchisé, son influence était pour ainsi dire nulle.

À cette époque, c’étaient les membres de l’épiscopat, nommés par le peuple du diocèse qui étaient chargés de veiller à l’application des saintes doctrines de l’église chrétienne. Ils avaient le titre d’évêques et étaient les plus hauts dignitaires de l’église, tout en n’ayant pas la puissance qu’ils surent acquérir par la suite.

À mesure que la papauté étendit sur le monde son ascendance, les cardinaux de Rome qui étaient en contact direct avec le saint Père et étaient chargés de l’assister dans la célébration du Saint Office, surent acquérir certains privilèges qui leur donnèrent une certaine prédominance sur le reste du clergé. Ce ne fut pourtant que lorsque la papauté devint toute puissante que, s’élevant avec elle, les cardinaux prirent et conservèrent la première place dans la hiérarchie ecclésiastique.

Lorsque, arrivée à son apogée, la Papauté fut considérée non pas seulement comme une puissance spirituelle, mais encore temporelle, par presque tous les grands États d’Europe, les cardinaux furent chargés de représenter le chef de l’église auprès des monarques étrangers et on commença à les qualifier « princes de l’Église ». Leur activité prit de l’extension et, loin le s’adonner spécifiquement aux devoirs de leurs charges spirituelles, ils pénétrèrent dans la politique, et on les vit à la tête des gouvernements où ils cumulèrent les hautes fonctions civiles et religieuses : Richelieu, Mazarin, Alberoni, furent ministres et cardinaux.

Antérieurement, le pape était nommé par le clergé et par le peuple, mais depuis le Concile de Latran (1179) seuls les cardinaux ont le droit de participer à cette élection ; leur pouvoir est très étendu et, au cas de division d’opinion sur le dogme ou la discipline religieuse, seuls ils ont la faculté de convoquer l’assemblée des évêques pour trancher les différends inhérents à l’Église.

De nos jours, les progrès de la science et de la philosophie ont évidemment diminué l’influence des princes de l’Église. Cependant, il est peu de pays au monde qui ne conservent des relations diplomatiques avec le Saint Siège, et comme au temps jadis, les cardinaux font office de ministres du pape auprès des Pouvoirs civils. Les cardinaux sont nommés par le pape qui doit, auparavant, prendre l’avis du sacré collège (assemblée des cardinaux).

Il est d’usage que la barrette, bonnet que le pape envoie aux cardinaux après leur nomination, leur soit remise par le chef de l’État intéressé ; et même en France, le président de la République ― parfois de religion opposée ou farouche anticlérical ― ne se refuse pas à cette grotesque cérémonie. C’est dire que malgré les coups qui lui furent portés par la raison, l’Église est une force avec laquelle il faut encore compter et ses princes des suppôts de l’État bourgeois.


CARÊME. n. m. (du latin : quadragesima. Quarantième). Le Carême consiste en quarante jours de jeûne ou d’abstinence, prescrit par l’église catholique, avant les fêtes de Pâques. On ignore son origine, mais certains théologiens le font remonter au temps des


apôtres. Ce ne fut qu’au Concile de Nicée, en l’an 325, qu’il reçut le sceau légal de l’Église. Durant ces quarante jours, il est interdit de manger d’autre chair que celle du poisson, à laquelle on peut ajouter des œufs, des fruits et des légumes. En vérité, de nos jours, le carême n’est plus observé que par de vieilles bigotes, et encore pas toujours, car il est des accommodements avec le ciel, et l’Église ne refuse jamais, moyennant finance, d’accorder des dispenses aux fidèles qui en demandent.

En un temps, le carême eut sans doute une certaine utilité et répondait à une nécessité sociale. À l’époque où l’ignorance régnait en maîtresse sur le monde, il est possible que le législateur religieux ait prescrit le jeûne et l’abstinence, pour réfréner les bas instincts de l’homme, en imposant un peu d’hygiène et de décence publique. Durant le carême, il n’était pas seulement interdit de manger certains mets, mais il fallait se priver également, selon les lois de l’église, de tout amusement, sortie, récréation, et s’abstenir de tout contact charnel. De cette dernière mesure subsiste encore l’interdiction de se marier durant le carême.

Des prescriptions similaires se retrouvent dans toutes les religions. Les Juifs doivent également jeûner plusieurs jours par an ; les Mahométans ont le « ramadam », et les Bouddhistes exercent les mêmes pratiques. Il semble donc bien que le carême n’est pas d’essence spécifiquement chrétienne, mais qu’il fut institué bien avant le Christianisme et avait pour but d’élever le moral de l’espèce humaine.

En vertu de vieilles coutumes, entretenues par certains intérêts commerciaux, on continue dans certains pays à ne pas manger de viande le Vendredi Saint, précédent le dimanche des Pâques. En dehors de ce jour, le carême religieux a vécu. Mais il est des malheureux que leur situation oblige à faire carême d’un bout de l’année à l’autre. Le travailleur est contraint par la société de s’abstenir de manger à sa faim, cependant que les magasins regorgent de vivres, de vêtements, de nourriture. Si le carême religieux a disparu, le carême social subsiste, et il faut le détruire comme le premier. Ce sera l’œuvre des Anarchistes.


CARENCE. n. f. Faire défaut. Manquement. « Dresser un procès de carence », c’est-à-dire dresser un acte qui constate qu’à un lieu donné, l’officier public n’a pas trouvé ce qu’il attendait : meubles, argent, etc… Le terme est également usité dans le langage social et politique. Il signifie : se dérober à une discussion, à une controverse, à un débat ; ou encore l’incapacité où l’on se trouve, pour combattre les arguments opposés par un adversaire. La carence des politiciens est légendaire. Ils évitent toujours de se mesurer sur un terrain solide et logique ; ils aiment mieux faire défaut, que de subir un échec qui nuirait à leur renommée.

La carence d’une personne sur laquelle on comptait pour accomplir une action, ce qui revient à dire le manquement de cette personne à tenir ses engagements ou ses promesses.


CARICATURE. n. f. (de l’italien : caricare, charger). Reproduction grotesque, exagérée des traits et des manières d’une personne, dans le but, généralement, de la ridiculiser en faisant ressortir les défauts de sa tournure ou de ses manières. La caricature n’est pas à la portée de tous ; c’est un art subtil et fin qui nécessite, non pas seulement du talent, mais du génie. Il faut au caricaturiste de l’intelligence, de l’esprit, de la psychologie et de l’observation, pour que son crayon puisse reproduire sur le papier, souvent en quelques traits, les tares et les vices d’un individu. La caricature