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de la décision, non de la discussion. Le système de l’animateur, de l’arbitre, inspirant confiance aux associés, gardant cette confiance, quelle que fût d’ailleurs la méthode d’administration adoptée, semble, de préférence, avoir réussi. C’est une constatation que je ne suis pas seul à faire. Dans son ouvrage « Les Colonies Communistes et Coopératives », M. Charles Gide écrit : « Toute association quelle qu’elle soit – non seulement les associations communistes mais la plus modeste société de secours mutuels, tout syndicat, toute coopérative – doit sa naissance à quelque individu qui l’a créée, qui la soutient, qui la fait vivre ; et si elles ne trouvent pas l’homme qu’il faut, elles ne germent pas ». Paroles à méditer et que confirme l’histoire étudiée des colonies ;

f) la durée de toute colonie est facteur d’un pacte ou contrat, peu importe le nom de l’instrument, précisant ce que le Milieu attend de ceux qui participent à son fonctionnement et ce que ceux-ci sont en droit d’attendre de lui. Les charges et les profits doivent s’équilibrer et il est nécessaire que l’on s’entende d’avance sur le cas de résiliation et les conséquences impliquées ; enfin, le « contrat » définira, en cas de litige ou différend, à quelle personne est confiée le règlement du désaccord.

L’étude attentive des « colonies » et « milieux de vie en commun » – et c’est impliqué dans les remarques ci-dessus – me pousse à conclure que la durée d’un milieu de ce genre est fonction des réalisations particulières qu’il offre à ses membres et qu’il est impossible à ceux-ci de rencontrer dans le milieu extérieur. Ces réalisations peuvent être d’un ordre ou d’un autre, mais la poursuite de la réussite purement économique ne suffit pas, l’extérieur offrant beaucoup plus d’occasions d’y parvenir que la colonie la mieux organisée. C’est ce qui explique le succès des colonies à base religieuse, toujours composées de sectaires, dont les adhérents ne se rencontraient que dans ces groupements, ou dont les croyances ou le mode de vie ne pouvaient se manifester ou se pratiquer qu’en « vase clos ».

Je souhaite simplement que ces remarques soient prises en considération par quiconque songe à fonder une colonie, milieu libre ou centre de vie en commun : ce ne sera pas du temps perdu. – E. Armand.

LISTE DES COLONIES ET MILIEUX DE VIE EN COMMUN. — Il est excessivement difficile de se procurer des documents relatifs aux « Colonies », non pas que ces associations n’aient publié des journaux – ils abondent, tout au contraire – et des brochures de propagande, mais tirés à un nombre restreint d’exemplaires, journaux et publications deviennent pratiquement introuvables. Arthur M. Baker, de Londres, qui avait commencé à éditer une série de brochures ayant trait aux colonies et qui possédait, selon son expression « une masse immense de matériaux », m’écrivait déjà en 1904 qu’il fallait consacrer force argent à l’achat d’imprimés et de périodiques très rares. Chaque fois qu’il tombait sur un numéro intéressant, il y trouvait des informations sur une ou deux colonies dont il n’avait jamais entendu parler. On ignore exactement combien de milieux de ce genre ont été créés. La liste ci-dessous n’est donc que très approximative, sa valeur réside en ce qu’elle est établie pour la première fois et je serais heureux que cet essai, si imparfait soit-il, servît de point de départ à de nouvelles recherches.

Lorsque je l’ai pu, j’ai indiqué la durée de la colonie, son effectif en membres, etc. Souvent, j’ai dû me contenter d’un nom, d’une date, d’une information.

E. A.

Afrique du Sud. – Ile de Tristan d’Acunha : îlot isolé ; population ayant varié de 75 à 150 habitants,


vivant relativement en communisme, depuis le début du 19e siècle.

Allemagne. – « Eden », à Oranienburg, près Berlin, comptait, en 1905, 110 membres ; existe encore.

« Die Neue Gemeinschaft », à Schluchtensee, près Berlin, en 1902 comptait 40 membres.

« Volks-Landsheim », dans la colonie de Walter Mett (idéaliste) à Born auf dem Marss, en Poméranie. En plein fonctionnement.

Il a existé en 1903 une communauté moniste près de Hambourg dont W. Ostwald était l’inspirateur.

Angleterre. – « Clowsden Hill » près Newcastle, 1891-98, débuta avec une douzaine de membres.

« Harmony Hall », Hampshire, 1839 (dernière tentative de Robert Owen).

« Manea Free », « Queenwood », vers 1840 : citées par M. A. Baker.

« Purleigh » : 1896-1902 ; 20 membres (tolstoïenne).

« The Sanctuary », dans le Sussex, 1923 (socialiste-chrétienne). Existe encore. William C. Owen y est mort en 1929.

« Starnthwaite », cité par M. A. Baker.

« Whiteway Colony », dans le Gloucestershire depuis 1902 ; communiste puis individualiste. Population cosmopolite variant de 75 à 150, croyons-nous (27 en 1906).

Argentine. – « Colonia Libertà » province de Misiones (1923) : composée de sectaires sabbatistes russoallemands.

En 1903, il existait aux environs de Buenos-Aires une colonie communiste chrétienne nombrant 70 membres.

Il doit exister en Argentine des colonies mennonites et de sectaires russes.

« La Protesta » du 15 novembre 1927 a parlé d’une colonie agricole aux expériences mouvementées qui avait récemment existé ou existait encore dans le Grand Chaco. Sans détails de lieu, de date, d’effectif.

Australie. – « The New Australia » : fut abandonnée en 1893 pour « Cosme » au Paraguay.

Autriche. – En 1913, il existait une colonie tolstoïenne à Semriach (Styrie).

Les « Vardanieri » : 200 membres, pratiqueraient la communauté des femmes (1928). Pas de nouvelles.

Colonie « idéaliste » de Waldhofen an der Ybbs (1927).

Belgique. – « Milieu libre d’Eeckeren », près Anvers (1903).

« Stockel Bois » : 1905–1906, une douzaine de membres inspirateur : Émile Chapelier.

Brésil. – « Cecilia », dans l’État de Parana, 1890-1891 : une centaine de participants, Dr Giovanni Rossi Inspirateur.

« Kosmos » disparue en 1904, ayant donné naissance à une autre colonie « Hansa » dont les membres habitaient Blumenau et Joinville (État de Ste-Catherine).

« Guararema », dans l’État de S. Paul, sous l’inspiration de Neblind, les colons vont et viennent sans faire de séjour prolongé.

« Monte Sol » (1905) : pas de nouvelles.

En 1912, il existait dans l’État de Rio Grande do Sul des colonies allemandes plus ou moins communistes et il s’en trouve certainement encore dans l’État de S. Catherina. Il a été aussi question de colonies naturistes dont nous n’avons plus entendu parler.

Bulgarie. – Il a existé vers 1922-1923 une colonie communiste libertaire aux environs de Roustchouk. Elle a dû sa chute à ce qu’elle a été trop souvent considérée par des illégalistes comme un lieu de refuge.

Canada. – « Christian Community of Universal Brotherhood » (Doukhobors) : depuis 1899, répandus dans le Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie britannique ; 10 à 12000 membres ; sous la direction de Pierre Véri-