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thèques. Elles avancent généralement jusqu’au ⅓ ou la ½ de la valeur du gage.

Ces avances peuvent être remboursées par le prêté avec un intérêt minime en principe. Leurs réserves sont constituées soit par des immeubles ou des terrains provenant de leurs opérations.

Banques agricoles. ― Ces Établissements, dont le nombre est assez restreint, font des prêts ou avances aux agriculteurs suivant intérêt et sur garantie pour l’achat de matériel ou d’engrais, etc. Leur rôle est peu important.

Banques de spéculation et d’affaires. ― La principale opération de ces banques consiste à acheter ou à vendre des actions et obligations soit dans l’intérieur du pays, soit à l’extérieur. Elles sont de plus en plus nombreuses et puissantes. Elles s’intéressent surtout au lancement des grandes affaires, finançant les grandes entreprises industrielles. Elles portent aussi le nom de banques d’affaires. On rencontre leurs membres du Conseil dans une foule d’affaires dont ces banques possèdent une partie ou la majorité des actions. Cela s’appelle exercer, à une ou plusieurs banques, le contrôle, c’est-à-dire, diriger, être maître d’une affaire.

Les banques d’affaires sont les vrais maîtres des entreprises métallurgiques, des mines de charbon, des exploitations pétrolifères. Elles exercent leur hégémonie sur le monde, font battre les peuples pour assurer le triomphe de leurs intérêts. Elles constituent, associées, la féodalité de l’argent.

Banques populaires ou d’avances. ― Banques fondées par les Sociétés coopératives en vue d’ouvrir des crédits à découvert aux membres de cette société. Les banques coopératives font les mêmes opérations que les autres banques en ce qui concerne les coopératives qui les ont constituées et dont elles sont l’agent de transaction avec les autres banques ou les particuliers.

Opérations. ― Les opérations des banques sont extrêmement complexes. Parmi les plus connues, relevons : l’ouverture de crédit, le crédit en blanc, le crédit documentaire, la lettre de crédit ou de change ; l’émission, l’achat, la vente et l’échange des actions et obligations ; les prêts sur titres : obligations, actions, hypothèques, l’achat de devises pour le commerce extérieur, le change, le service des marchandises, les lancements d’emprunts, les virements et dépôts.

Crédit. ― Le crédit préside aux transactions commerciales ou industrielles. Les instruments de crédit sont le billet à ordre, la lettre de change ou le billet de banque. Le dépôt en banque de ces divers titres par un particulier lui donne la faculté de retirer de l’argent par chèque ou virement jusqu’à concurrence du montant de son dépôt. Si on a confiance en lui, si son affaire est solide, on peut lui consentir un crédit supérieur à sa garantie. C’est d’ailleurs très rare. On ouvre aussi un crédit en blanc à quelqu’un qui n’a ni titre, ni dépôt, mais dont les affaires en cours s’annoncent prospères ou sont susceptibles de le devenir. On ouvre encore, surtout depuis la guerre, une autre sorte de crédit : le crédit documentaire qui consiste à avancer à un commerçant ou un industriel tout ou partie de la valeur d’une marchandise expédiée, contre remise du récépissé d’expédition ou du connaissement. Dans ce cas, c’est la Banque qui se charge directement ou par l’intermédiaire de ses correspondants, d’encaisser, auprès du destinataire, le montant de la valeur des marchandises. Elle ne remet récépissé de destination que contre paiement de cette valeur. Elle prend naturellement commission et intérêt.

Lettre de crédit et de change. ― La lettre de crédit est délivrée à commerçant ou industriel qui se rend généralement à l’étranger et qui possède un dépôt ou une garantie dans la Banque qui l’émet. Cette lettre


permet à celui qui la reçoit de retirer une somme d’argent, dont le montant est fixé, dans les Établissements étrangers, auprès desquels la Banque qui délivre la lettre lui ouvre un crédit. ― La lettre de change n’est autre chose qu’une traite payable à vue, à la personne qui la possède, soit par banque, soit directement.

Émission, achat, vente, échange de titres : actions ou obligations. ― Les banques d’émission et de spéculation se chargent de ces diverses opérations, soit pour leur propre compte, soit pour le compte de leurs clients. Elles perçoivent pour cela des commissions. Ces opérations se font en Bourse par l’intermédiaire des agents de change, coulissiers et remisiers.

C’est dans ces opérations que les banques réalisent les plus gros bénéfices. Elles donnent lieu à de nombreuses combinaisons plus ou moins honnêtes. Il n’est pas rare de vendre des titres qu’on ne possède pas et de les revendre aussitôt avec bénéfices.

Ces opérations ne sont pas pour le profane. Il ne doit pas chercher à s’y aventurer ou, s’il le fait, il risque de s’y ruiner.

Achat, vente de devises. ― Les banques se chargent aussi des devises, effets, chèques ou monnaies, etc…, sur les transactions avec l’étranger, soit pour l’importation, soit après exportation et réalisation de la valeur en monnaie du pays d’origine ou de destination.

Là encore, la spéculation sur les changes et sur les cours de bourse est une opération fructueuse.

Service marchandises. ― Depuis la guerre et pendant la guerre, certaines banques, les plus fortes, ont installé des services marchandises. Elles se chargent de garantir aux expéditeurs le paiement de leur marchandise par le destinataire auprès duquel la Banque encaisse la valeur de cette marchandise.

Les banques consentent aux expéditeurs des crédits partiels ou totaux sur cette valeur avant l’encaissement et contre remise des titres d’expédition.

Ce service prend, dans les banques, une extension de plus en plus grande. Bientôt, toutes les transactions internationales s’opèreront de cette façon.

Lancements d’emprunts. ― De la même façon que les Banques lancent des actions ou obligations pour le compte des sociétés privées, elles lancent aussi des emprunts pour les gouvernements.

Pour ce faire, elles touchent une commission. Elles se chargent de la publicité, recueillent la souscription publique et délivrent les titres aux acheteurs.

Ce sont, pour elles, des opérations fructueuses, quel que soit le succès de l’emprunt.

Portefeuille. ― On donne le nom de Portefeuille à l’ensemble des effets publics ou de commerce que possède un Établissement bancaire. Le Portefeuille occupe une place particulière dans le bilan.

Dépôt, Virement. ― Voir banques de dépôt ou de virement.

Chèque. ― Le chèque n’est autre chose qu’un mandat délivré par quelqu’un qui possède un dépôt dans une Banque. Il permet d’effectuer un paiement sans manipulation de fonds. Il suffit à la personne à qui le chèque est délivré de se présenter à cette Banque pour obtenir le paiement de la valeur qui est inscrite sur le chèque, après vérification du compte de l’émetteur.

Il y a plusieurs catégories de chèques : le chèque à vue, le chèque barré, le chèque postal, le chèque-contribution.

Le chèque à vue est payable sur simple présentation, après vérification de compte.

Le chèque barré n’est encaissable que par quelqu’un qui possède un compte en banque. Il peut être présenté à n’importe quelle banque à condition que le preneur ait un compte dans cette banque. C’est cette