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Ces extinctions sont le plus souvent suivies de courtes périodes de net renforcement. De nombreuses hypothèses ont été faites sur le mécanisme qui régit le « fading », il semble qu’il faille voir ici une action d’origine atmosphérique.

Les ondes très courtes, inférieur à 10 mètres de longueur, sont dites « quasi lumineuses » car leur propagation s’effectue de manière très analogue à celle de simples rayons optiques, propagation en ligne droite. Elles ne subissent aucune réflexion sur la couche de Heaviside-Kennelly. – Alexandre Laurant.


TÉLÉPATHIE n. f. du grec télé (loin) et pathos (affection). Existe-t-il, « chez certains individus, une sensibilité spéciale, qui semble s’exercer autrement que par la perception sensible par laquelle nous prenons connaissance des objets matériels » ?

Certains répondent affirmativement. « Ce phénomène se produit dans la télépathie. Des événements distants et hors de portée des sens sont perçus par certains individus ; des messages peuvent être transmis sans l’intermédiaire des organes des sens. Les faits sont affirmés par des personnes tout à fait dignes de foi. » (Dwelshauvers).

En matière de science, la foi ne suffit pas. Quant au témoignage des personnes même les plus scrupuleuses, nous savons de quelles erreurs involontaires il peut être entaché. Toutes les fois que nous sommes en présence de faits qui ne sont pas, qui ne peuvent être l’objet de vérifications rigoureuses et répétées, la vraisemblance est un critère. « Or, c’est précisément ce critère de la vraisemblance qui nous fait défaut dans le cas des manifestations psychiques. Car les faits que l’on invoque, non seulement ne peuvent être reproduits à volonté, mais sont, en outre, excessivement rares ; un grand nombre de personnes n’ont jamais eu l’occasion de constater quoi que ce soit qui y ressemblât… Ce sont donc là des faits très extraordinaires. Ils sont aussi extravagants, dans le sens littéral du terme, puisqu’ils impliquent un exercice des sens dans des conditions d’espace et de temps tout autres que celles où nous avons accoutumé de les voir fonctionner. » (E. Meyerson).

Il est évident que des phénomènes qui prennent naissance à des distances considérables sont perçus par nos sens. Ce sont ces impressions de nos sens qui suscitent en nous des pensées ; pensées qui n’ont d’existence qu’en nous, qui nous sont personnelles, qui, pour un même phénomène, diffèrent d’un individu à l’autre. Les ondes sonores issues d’un canon, provoqueront chez l’un des pensées joyeuses en s’associant au souvenir de réjouissances publiques, chez un autre un sentiment de tristesse, car elles réveilleront les angoisses de la guerre. Nos sens ne reçoivent pas des pensées ; ils perçoivent des signes qui sont au nombre des éléments constitutifs de nos pensées.

Des phénomènes qui ne tombent pas directement sous nos sens peuvent également influer sur notre comportement. Par exemple, l’état électrique de l’air ambiant qui, par le malaise qu’il nous cause, agit sur notre bien-être et notre caractère. Mais les troubles que nous fait éprouver l’état orageux de l’atmosphère sont des troubles qui prennent naissance en nous, qui dépendent de notre état du moment, de notre santé. Nous ne voyons pas à quelle idée claire peut répondre l’assertion que le trouble qualifié de notre mentalité a pénétré en nous de l’extérieur. Ces influences extérieures qui agissent sur nous, sans mettre en jeu un sens localisé, sans suivre les voies ordinaires de la perception sont comparables aux phénomènes météorologiques qui brouillent les communications téléphoniques sans faire émettre aux appareils aucune phrase, aucun mot. A supposer même qu’à notre insu une influence spéciale s’exerce sur une portion de notre tégument ou d’un viscère, organe inconnu d’une


sensation ne serait pas une pensée trouvant asile dans notre cerveau après un long voyage.

Quelle est, en effet, l’origine de nos pensées ? Des impressions éveillent nos sens, des filets nerveux les canalisent vers certaines cellules qui les transforment aussitôt en réactions par la voie de filets efférents, ou bien les transmettent à des cellules appartenant à des centres supérieurs, par lesquelles elles s’associent à nombre d’autres impressions, provoquent des actes ou, au contraire, les inhibent, mouvements ou arrêts objets de pensées. Ces pensées ne prennent forme qu’en nous, par nous. Si elles se transmettent à d’autres, c’est par l’intermédiaire de mouvements, gestes ou paroles, qui impressionnent leurs sens, dont l’interprétation donne, chez eux, naissance à leurs propres pensées qui peuvent différer profondément de la pensée initiale.

Que notre énergie nerveuse émette, comme d’autres, des radiations dans l’ambiance, cela se pourrait. Ce seraient des mouvements ondulatoires du type courant, tels que ceux qui servent à la téléphonie sans fil, par exemple. Mais que se passe-t-il dans ce dernier cas ? Une pensée s’est, chez un interlocuteur, extériorisée en phrases, en ondulations de l’air ; un poste émetteur change les ondes sonores en ondes herziennes qui cheminent plus loin dans l’espace. Un poste récepteur en refait des sons qui, après le trajet ordinaire dans notre corps, sont traduits en pensées. Encore ne faut-il pas oublier le proverbe : traduction, trahison, et, de plus, il est nécessaire que les sons appartiennent à une langue connue de nous, sinon il faudra encore introduire dans le circuit un nouvel interprète. A aucun moment, les ondes herziennes ne sont des pensées ; elles ne sont qu’un agent de transport d’une énergie libérée en un point, reçue en un autre, énergie dépourvue de qualification psychique.

On comprend l’embarras des métapsychistes pour expliquer la transmission des pensées. « Il est difficile de penser que l’organisme émet et dirige d’invisibles tentacules jusqu’a de grandes distances pour y recueillir l’impression cherchée. Il est aussi difficile de comprendre comment sa sensibilité serait transportée sous formes d’ondes qui s’éloigneraient de lui et resteraient en contact avec lui. » (Maxwell).

Ce mystère a une explication. Les témoignages que l’on nous apporte, sont, ou bien des rappels de rêves, ou des récits de dormeurs éveillés et de névropathes mythomanes.

Mais pourtant, dira-t-on, les prévisions ne se vérifient-elles pas parfois ? Avant d’y voir un sujet d » étonnement, a-t-on calculé la probabilité de l’événement, a-t-on cherché à l’analyser pour découvrir les raisons qui en ont amené la production ? Des coïncidences d’apparence anormale trouvent une explication naturelle. Je puis citer à ce sujet, une observation personnelle. Prenant en lecture un livre à la bibliothèque de l’arrondissement qui rassemble plus de 3.000 volumes, j’y trouve une carte oubliée portant l’adresse du précédent lecteur. Le surlendemain, au siège d’une association de plus de 1.500 membres, on tire d’un fichier une fiche portant le nom de la même personne inconnue jusqu’alors de moi, bien qu’habitant le même quartier, dont on voulait me signaler l’activité. La probabilité de la rencontre était de un contre plus de quatre millions, et bien inférieure encore si l’on tient compte du nombre des lecteurs habituels de la bibliothèque, qui dépasse 200. Tout change si l’on reconstitue la chaîne des causes. L’association précitée est une association de techniciens. Il y a, dans l’arrondissement que j’habite, une École d’Arts et Métiers. Le volume dont j’ai parlé est un livre de Proudhon, dont j’avais souvent exposé les idées dans le journal publié par le groupement de techniciens. La rencontre s’avère de moins en moins improbable à mesure qu’on en analyse les circonstances.

Discutons le cas de la divination en rêve. Un grand nombre de nos organes, le cœur, par exemple, n’inter-