Page:Ferrier - La Marocaine.pdf/13

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FATIME.

Allons donc !


OTTOKAR.

Pourquoi, allons donc ?


FATIME.

Parce que… je le regarde… je vous regarde… enfin, qu’est-ce que vous voulez ? ça m’étonne !


OTTOKAR, furieux.

A-t-on jamais vu une esclave ?… Dans le rang, mademoiselle, dans le rang !… il m’en faut quinze !… y’en a-t-il quinze ? numérotez-vous !


LES ESCLAVES, se numérotant.

Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze.


OTTOKAR.

Quinze !… C’est bien ! procédons au partage. On ne peut pas partir pour la guerre, sans qu’un tas de gens vous disent : « Ottokar vous savez, si vous faites une razzia… pensez à moi !… » J’avais emporté une liste… Où est-elle ma liste ?… Ah ! la voilà !


ACHMED.

Pardon… papa.


OTTOKAR.

Mon enfant ?


ACHMED.

Vous m’avez dit tout à l’heure que vous aviez rapporté quelque chose pour moi.


OTTOKAR.

Oui, mon enfant… te voilà grand, et je crois le moment venu de t’organiser un petit harem !… Tu peux en prendre deux dans le lot.


ACHMED.

Ah ! une seule, papa, une seule, une seule, (Montrant Fatime.) et je te tiens quitte de l’autre, celle-là !