Page:Fertiault - La Nuit du génie, 1835.djvu/14

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Et moi, j’ai de ce genre une scène à vous dire.
Puisse m’aider le Ciel à bien vous la décrire !


***


Jule atteint l’âge fort ; notre dernier printemps
Sur ses ailes de fleurs emporte ses vingt ans.
En naissant affligé, jamais à son oreille
L’air d’une voix, d’un son, n’a porté la merveille,
Ni jamais son, non plus, de son gosier sorti,
Ne vint nous exprimer ce qu’il avait senti.
Et cependant sa vie est à peine privée.
Par les charmes d’un art son ame est captivée ;
Il poursuit nuit et jour des travaux assidus
Et ses pinceaux déjà sur la toile ont courus.
Il va. Mais c’est, dit-il, l’enfant qui, faible encore,
Pose un pied incertain sur un sol qu’il ignore.