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AUTOUR D’UN CANDIDAT


CHAPITRE II


Tous les invités de M. et Mme de Fèvres étaient réunis au château. Les visages éclataient de satisfaction. Le confort, la bonne chère, l’accueil aimable des hôtes charmaient tout le monde.

Le candidat, bien au courant de ce que l’on attendait de lui, entrait dans son rôle avec conscience. M. de Fèvres s’était emparé de M. Lavaut et tous deux arpentaient le territoire sans se mêler aux menées des autres. Peut-être faisaient-ils de bonne politique sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose.

Dans le pays on était surpris par ce candidat imprévu. Mais comme son prédécesseur semblait ne plus vouloir lutter, on s’occupait de ce nouveau venu. On estimait les de Fèvres et on regardait d’un œil bienveillant et un peu malicieux ce jeune homme aux bonnes manières qui ne dédaignaient pas de serrer des mains calleuses.

Mme de Fèvres conduisait la campagne avec sagesse et autorité. Elle était psychologue et l’âme des foules ne la prenait pas au dépourvu.

Il y eut d’abord un peu de flottement dans les rapports entre les invités, comme avec les électeurs, mais au bout de quelques jours chacun avait jugé et adopté la situation. Mme de Fèvres encourageait Marcel Gémy comme on tapote la joue d’un enfant.

Elle lui répétait sur tous les tons que tout allait fort bien et que son concurrent était complètement dans l’ombre.