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AUTOUR D’UN CANDIDAT

chise un peu brusque, elle disait à Marcel :

— Mais votre mère ferait tout manquer si on l’écoutait !… Elle dissout l’énergie en parcelles !…

— Elle aimerait tant que je réussisse !… elle n’a que moi au monde et elle me voudrait toutes les fortunes et toutes les gloires…

— Comment peut-on tenir à tant de choses ! répliquait Jeanne.

Pendant ce temps, Mme Gémy conversait avec Mme de Fèvres.

Enfoncée dans une bergère, elle disait en soupirant :

— Pourvu que ce petit ne se fasse pas d’ennemis…

— Il en aura, ma chère amie, soyez-en sûre… ripostait la châtelaine en son âme de combative… mais un homme politique doit s’y attendre… Votre fils a du courage et cela ne l’effrayera pas… Quant à vous, il faudra vous aguerrir… vous allez devenir un centre de projets, un reliquaire de secrets, une vraie puissance.

Mme Gémy, dans son orgueil flatté, riposta vivement en s’oubliant :

— J’y compte bien !

Mais, réveillée subitement de son rêve de grandeur, elle murmura :

— C’est-à-dire que j’aime l’effacement, l’obscurité, je suis une femme si simple, si simple…

Mme de Fèvres quittait vite ce sujet afin de ne pas amener des paroles inutiles.

D’ailleurs, la solitude était vite rompue par l’intrusion de MM. Lavaut et Lydin. Chacun, dans la demeure, était libre d’agir comme bon