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AUTOUR D’UN CANDIDAT

Quant à Isabelle, son caractère ne connaissait pas plus l’envie que la jalousie. Elle ne pensait pas au mariage, et quand sa mère lui exposait la nécessité de réaliser cet état au plus tôt, elle ne pouvait que rire.

Elle eût aimé se rendre utile en exerçant un métier, et se disait que le jour de ses vingt-cinq ans elle n’hésiterait pas à chercher une situation. Si un mari se présentait, tant mieux, mais elle était décidée à ne pas se mettre en quête pour le conquérir.

Mme de Fèvres ne se doutait guère de ce que ses amies espéraient.

Elle était bien trop accaparée par la candidature de son protégé pour réfléchir à cette question secondaire qu’était le mariage. Elle y était d’autant moins préparée que Jeanne ne voulait pas se marier, et elle se figurait que toutes les mères étaient aussi tranquilles qu’elle.

Aussi fut-elle fort surprise, quand Mme Lavaut, un matin, se trouvant seule avec elle, lui dit à brûle-pourpoint :

— Que je suis contente de pouvoir causer avec vous un peu à cœur ouvert… Aussi charmantes que soient nos amies, on ne peut tout dire devant elles. Si vous saviez combien je vous suis reconnaissante de nous avoir invités ! J’ai deviné tout de suite dans quelle bonne intention…

Mme Lavaut négligeait tout à fait de paraître lasse. L’énergie brillait dans ses yeux. Elle était vive et enjouée.

Mme de Fèvres fut d’abord décontenancée par cette attaque directe et ne sut pas trop quoi répondre. Elle n’avait aucune raison pour