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AUTOUR D’UN CANDIDAT

Son fils aussi la préoccupait. Elle était désolée de le voir sans situation fixe.

Attraper des papillons ne constituait pas une profession que l’on pût proclamer avec gloire.

À ce point de ses réflexions, Mme Lavaut eut une lueur qui la transfigura.

Puisque Jeanne voulait se marier, pourquoi Alfred ne se mettrait-il pas aussi sur les rangs ?

Le candidat pouvait être blackboulé et Jeanne ne l’épouserait sûrement pas… Elle serait contente de prendre un attrapeur de papillons qui était sans succès, sans doute, mais aussi sans défaites… Il gérerait la propriété, serait châtelain, courrait dans les prés pour sa collection de lépidoptères… Quelle trouvaille ! Mme Lavaut n’était pas loin de se trouver un génie…

Puis, l’inspiration allant avec le courage, elle se dit que si Jeanne épousait Alfred, le candidat restait libre et qu’il pourrait encore échoir à Louise.

Ainsi, d’une pierre elle ferait deux coups. Mme Lavaut n’avait pas trop de temps pour insinuer ces idées dans le cerveau de ses deux enfants, et elle courut à leur recherche avec la souplesse d’une jeune fille.

Son visage était rayonnant. Elle souriait. Elle rencontra d’abord son mari qui fut tout interloqué par le sourire qu’elle lui jeta en passant, mais sans s’arrêter.

Il lisait, calé dans un fauteuil, et il trouvait la vie bonne dans cette tranquillité campagnarde, lui qui aimait la paix et le silence comme son ami de Fèvres.