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AUTOUR D’UN CANDIDAT

— La politique n’est qu’un jeu à côté de ces assauts-là !

Elles firent quelques pas vers l’habitation. Aussitôt qu’elles furent en vue, Mme Lydin qui cherchait partout Mme Gémy se précipita au-devant elles, furieuse de se voir distancée.

Elle s’écria :

— Chère Madame Gémy ! savez-vous ce que nous avons fait, Isabelle et moi ?… Eh bien ! un portique de roses pour fêter notre député…

— Des roses… pour un homme !… fit dédaigneusement Mme Lavaut qui pâlit à l’énoncé de cette attention.

Mme Gémy interloquée répondit :

— Que je vous remercie !

— Nous nous imaginons absolument que c’est quelqu’un de la famille, renchérit Mme Lydin avec un sourire ensorceleur.

— Mais oui, c’est notre candidat… susurra Mme Lavaut.

— Que vous êtes bonnes, Mesdames…

Mme Gémy eût aimé se dérober et elle esquissa un mouvement de recul. Ses deux compagnes eurent le même, et elle fut forcée de rester dans l’encadrement qu’elles formaient.

À tout prendre, elle préférait les deux ensemble, plutôt que les attaques d’une seule. Malheureusement pour elle, Mme Lavaut fut appelée par son mari et elle resta en tête à tête avec Mme Lydin.

Elle jeta des regards désespérés autour d’elle comme si elle cherchait une issue pour s’enfuir, mais comme elle ne pouvait correctement se soustraire aux paroles de sa compagne sans motif plausible, elle se résigna.