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AUTOUR D’UN CANDIDAT

dans le silence de son cabinet l’attiraient plus que le grand tapage de la publicité.

Il avait fini de serrer des mains, de remercier le maire et ses adjoints.

Il était en train de se reposer dans une logette feuillue quand Isabelle Lydin l’y trouva et s’écria :

— Je n’ai presque plus envie de rire !… Cela me fait vraiment beaucoup de peine de vous savoir ennuyé…

— Ah ! ne plus vous voir gaie serait un événement réellement extraordinaire… J’espère que cela ne vous arrivera jamais !… Je veux rire, moi aussi, et oublier ce cauchemar… Je veux revivre avec les jeunes… Ah ! je me sens libre !

— Vos discours étaient pourtant bien, et c’était joyeux de les composer…

Isabelle eut une cascade de rires qui s’égrena sans contrainte.

Marcel remarqua :

— Je constate que votre gaieté vous est pleinement revenue…

— C’est vrai, et c’est plus fort que moi… Mais quand je vois quelqu’un avec une figure un peu morne, cela déclenche le mécanisme de mon rire…

— Eh ! mais, cela peut prêter à des malentendus fâcheux…

— Vous êtes un peu choqué ?… Ce n’est que nerveux, je vous certifie…

— Je vous admire…

— Votre admiration est un peu moqueuse, il me semble ?

À ce moment, un appel retentit. C’était Mme Lydin qui cherchait sa fille.