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AUTOUR D’UN CANDIDAT

de malaise. Elle sentait sa timidité s’évanouir et ne rêvait plus que de réconforter le candidat malheureux.

Elle le cherchait pour lui exprimer sa tristesse. Elle tentait de repousser la gêne qui la paralysait dans des occasions exceptionnelles, et elle se disait qu’elle ne pourrait pas lui donner un mot de consolation si elle attendait.

Elle s’exhortait au courage en se disant :

— Maintenant qu’il est déprimé, je pourrai sans doute être plus agréable avec lui… Ce n’est plus un homme en vue, un député dont on veut l’appui, mais un pauvre être qui a été malmené par le sort.

À l’encontre de Marcel qui s’efforçait de regagner sa sérénité, Louise, pour s’encourager, le faisait descendre dans le plus noir marasme en son esprit. Cela lui permettrait de se montrer moins embarrassée devant lui.

Elle continuait de rassembler son énergie :

— Il me semble même que je pourrais l’épouser maintenant, puisque maman le désire… Il faudra bien que je me marie, et ce M. Marcel, qui sait se montrer si bon, ne me fait plus peur du tout… Je n’aurais pas voulu être la femme d’un député, non, mais la femme d’un avocat qui n’a pas beaucoup de causes me plairait assez.

En ressassant ces choses, Louise arriva sous la tonnelle et elle lança d’une voix douce :

— Bonjour, Monsieur Marcel !

Marcel sourit et répliqua :

— Vous me dites bonjour d’un accent bien plaintif, Mademoiselle Louise, on dirait un agneau qui bêle…