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AUTOUR D’UN CANDIDAT

elle pouvait l’engager dans n’importe quelle voie.

Pour Mme Lavaut aucune grandeur ne l’effrayait et elle se sentait de taille à devenir la belle-mère d’un ministre.

Louise, la voyant affaissée sur son siège, vint à elle et lui demanda :

— Tu es lasse, maman… tu souffres ?

Mme Lavaut profita de ce que sa fille était proche de son oreille pour lui souffler :

— Quelles bêtises as-tu dites ?

Louise répondit du même ton bas :

— Tout ce que tu désirais si vivement…

Mme Lavaut eut un mouvement d’exaspération. Elle serra les lèvres pour ne pas jeter son indignation à la face de sa fille.

Comment pouvait-elle être si simple avec une mère si intelligente ?

Louise sentait tout le courroux de sa mère, mais une force nouvelle naissait en elle.

Comme Mme Lavaut restait toujours songeuse sur son siège, résumant un plan de départ immédiat, Marcel Gémy s’inquiéta :

— Vous sentez-vous si lasse vraiment ?

Louise, qui savait que sa mère était mécontente de sa façon d’agir envers les Gémy retombés dans l’obscurité, répondit non sans malice :

— Ce n’est rien… rien qu’un peu d’émotion…

— D’émotion, pourquoi ?

Le mot était ambigu. Mme Lavaut elle-même, déroutée, se demandait où voulait en venir sa fille.

Avec beaucoup d’à-propos, Louise murmura :

— Mais… votre insuccès, Monsieur… Chacun