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AUTOUR D’UN CANDIDAT

parfois… Mais les moments que j’ai passés tout à l’heure avec une jeune fille si compréhensive aux peines, si confiante en son Créateur, m’ont éclairée sur mes erreurs… On reçoit quelquefois des leçons de plus jeunes que soi…

— Tu veux parler de Jeanne ?

— Non, car Jeanne est au-dessus de toute humanité… Je veux parler de Louise Lavaut…

— Ah ! c’est de Louise, murmura Marcel.

La mère et le fils se turent. Mais quand ils se regardèrent, ils s’étaient compris.


CHAPITRE VIII


Ce fut à grandes enjambées que Mme Lavaut parvint à sa chambre. Elle avait pris le bras de Louise, non pour être soutenue, mais au contraire pour l’entraîner plus rapidement. La jeune fille sentait ce bras qui frémissait sous le sien et elle augurait que sa mère allait sévèrement la réprimander.

Pour le moment, Mme Lavaut se retenait de parler, mais ses lèvres tremblantes témoignaient de sa fureur. Elle conservait tout son sang-froid pour ne pas laisser éclater cette fureur au milieu des parterres qu’elle traversait.

Elle eut du mal à atteindre sa chambre en possession de ce mutisme. Quand elle y fut, elle en ferma soigneusement la porte et clama, dans l’agitation de sa colère :

— Es-tu arrivée au comble de la stupidité ?

Louise prévoyait une scène et elle était prête à combattre. Elle répondit paisiblement :