Page:Fiel - Autour d'un candidat, 1929.djvu/87

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
85
AUTOUR D’UN CANDIDAT

porte, tandis que la voix de son fils chantonnait :

— Je vous entends parler… On peut entrer ?

Alfred apparut, vêtu de blanc, voile vert au chapeau :

— Je vous annonce une nouvelle épatante : j’ai attrapé un papillon rare dont je vous passe le nom latin…

— Tu m’exaspères !… clama sa mère… tout le monde te trouve ridicule…

— Sauf une personne, ma chère maman… une jeune fille aimable et gaie qui sait rivaliser de course avec les papillons… elle possède une dextérité merveilleuse, et comme son nom est facile à dire je vous la nomme : Isabelle Lydin avec qui je viens de me fiancer…

— Ah ! hurla Mme Lavaut, en tombant inerte sur son fauteuil.

— Quoi !… s’écria Alfred déconfit… c’est un mariage très assorti… elle est bien posée, jolie…

— Ces enfants me feront mourir, murmura Mme Lavaut dans un souffle… mais, malheureux, comment as-tu pu te fiancer avec la fille d’une femme que je déteste ?

— Tu la détestes ?… je n’en savais rien… Il fallait me prévenir… L’année dernière, tu racontais des merveilles de Mme Lydin… Elle était fine, distinguée, sa situation de fortune était solide, quoique médiocre… Isabelle était si intelligente, si…

— Tais-toi…

— Ma chère petite maman, il ne faut pas changer d’avis si souvent, sans quoi tes pauvres enfants ne sauront plus que faire…