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AUTOUR D’UN CANDIDAT

Isabelle Lydin était une charmante jeune fille au caractère enjoué qui saurait prendre du bon côté les originalités de son mari.

Mme de Fèvres fut mise au courant du résultat indirect qu’avait provoqué son invitation et elle en fut ravie.

Jeanne, sereine comme toujours, forma des vœux pour les futurs époux et M. de Fèvres lança de sa grosse voix :

— J’aime ce genre d’élections… C’est une propagande que je fais volontiers… Un pays ne vit que par la quantité de ses mariages et la qualité de ses enfants…

Une nouvelle atmosphère régna dans la demeure, et en attendant le départ en automobile pour des ruines à quelques lieues de là, chacun s’égailla dans le parc à sa fantaisie.

Mme Lavaut s’assit, solitaire, sur un banc qu’un cèdre abritait. Elle était rêveuse. Son fils allait se marier, mais sa fille ne l’était pas. La timidité de Louise ne la servait guère, et chaque fois que la pauvre mère croyait à une réussite, tout croulait.

Ainsi, ce Marcel Gémy en qui elle avait eu confiance et sur qui ses espoirs de mère se posaient, l’avait totalement déçue.

Louise, certes, n’eût pas été à son aise comme femme de député, mais, avec son aide, elle eût tenu son rang aussi bien qu’une autre.

Maintenant ce mariage était impossible.

Gémy n’avait pas une situation assez précise, et d’ici à ce qu’il eût des causes qui le mettraient en valeur, il se passerait un long temps.

Puis, elle avait été si peu charitable envers