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cinéma !… cinéma !…

sais que vous plaisez à ma fille et je ne doute pas de son consentement.

Jacques regarda Claudine qui répondit à ce regard par un sourire éloquent, alors qu’une rougeur la fardait.

— J’emmènerai votre fille au Gabon, et ce sera pour deux ans. Nous reviendrons en France pour six mois, puis nouveau séjour là-bas.

Mme Nitol eut un petit soupir, puis elle dit avec résignation :

— Mon Dieu, deux ans ne sont pas une éternité !

— Cela passera vite, dit M. Nitol, pour encourager sa femme. La correspondance nous aidera.

Malgré cette éventualité un peu mélancolique, les visages rayonnaient.

Jacques Laroste se montra d’une bonne grâce parfaite. Il dépeignit la vie du pays qu’ils habiteraient, et les parents ne purent que se sentir tranquillisés.

Quand les jeunes gens se revirent seuls, ce fut dans le joli salon bouton d’or. Claudine, tout émue, dit à son fiancé :

— Je ne comprends pas encore pourquoi vous m’avez choisie.

— C’est simple : parce que je vous aime…

Elle secoua la tête et répliqua :

— C’est venu soudainement, parce que le jour où je suis venue ici, à ma confusion, pour vous implorer, vous n’aviez pas du tout l’air de tenir à moi.

— Vous viviez de drôles d’heures ce jour-là, ma petite Claudine. Vous n’écoutiez pas les conseils, vous vouliez triompher, mais vous avez été déçue.

— Oh ! oui, j’ai été folle !

— Puis le bon sens vous est revenu, et c’est devant cette conversion inespérée que j’ai cru en vous ; je me demande souvent comment ce miracle est arrivé.

Claudine resta quelques minutes silencieuse, puis elle murmura, non sans émotion :