Page:Filiatreault - Contes, anecdotes et récits canadiens dans le langage du terroir, 1910.djvu/31

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caravane, suivi de près par Tellier, Joseph Martel en troisième lieu, et enfin l’étranger.

Tous descendirent à l’unique auberge de Saint-Félix-de-Valois et s’engouffrèrent dans une vaste pièce enfumée, puant le tabac canadien à plein nez, s’approchèrent du comptoir et demandèrent un « coup. »

L’étranger continuait à se coller, et comme il vit que personne ne s’occupait de lui, il s’impatienta et s’approchant de M. Martel :

— Vous ne me connaissez pas, hein ! Eh bien ! je suis venu de Montréal exprès pour vous combattre, et à moi tout seul je vais vous démantibuler tous les trois. Mon nom est Proulx.

— C’est vrai, je ne suis pas capable de vous placer, mais mon cheval vous connait bien.

— Comment ça ? votre cheval me connait !

— Eh oui ! Tout le long du chemin, il s’est tenu la queue en l’air, droite, vous savez, et je l’entendais qui faisait « Prout ! prout ! prout ! » J’ai pensé qu’il vous parlait.


En cour d’assises :

Un « avocat » bien connu interroge un témoin récalcitrant :

— Dites à la Cour si lorsque vous avez vu le cadavre pour la première fois, il respirait encore.

— Vous voyez, qu’il plaise à la Cour, il ne répond pas. Parlez-moi d’un homme qui prend la parole et qui dit rien.