Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/130

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_ 1 2.4 CORRESPONDANCE bon ch_eval coûte trois cents francs ; aussi en acheterons—nous en Palestine. Tu dois voir, chere mere, par le peu d’intervalle qu’il y a entre cette lettre-ci et la précédente, que nous avons brûlé la BasseEgypte. On ne nous a pas engagés à y aller a cause des marais qu’il y a encore, restes de l’inondation. Il fallait les traverser ; on y gobe des fievres et la colique. Nous nous en sommes privés. C'est sans doute un exces de prudence, mais enfin mieux vauttrop que pas assez. De méme pour le Sennaar ; nous avions eu un moment l’intention' de · pousser jusque-la. C’est, a ce ou'il paraît, aussi facile - ue d’aller d’Alcxandrie au Caire, mais Linant_ëey·(l'.ingénieur en chef des ponts et chaussées _ ` d’Egypte), qui y a été trois fois, nous a dit que . nous ne verrions rien du tout, et que cela ne valait_ _ pas la peine d’allonger notre voyage. Ainsi le Sennaar,·jusqu’a présent, me paraît mis de côté, ai moins que la-haut la rage ne nous empoigne de , remonter plus loin. En revanche M. Linant (c’est ài coup sûr l’homme le plus intelligent qlue nous ' a ons encore rencontré, le plus instruit et e mieux' dlé toute façon) nous engage àaller à Jérusalem par [terre, et-non par mer, ce qui rentre dans notreitineraire primitif, comme tu peux t’en assurer en y jetant les yeux. J e conclus cle tout cela qu'il n’est pas possible en Europe cl’avoir sur les routes d'Asie des renseignements précis. Cela change souvent. Ainsi nous avons vu et Alexandrie un jeune prince i allemand qui revenait de Palmyre réputée inabordable ; il y avait été avec son domestique et son · drogman, sans qu’il lui arrivât rien du tout. .l’en ai assez vu, et surtout assez entendu, pour avoir cette conviction que la mauvaise rencontre n’existe