Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/144

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


laquelle elle a été si habituée et que lui prodiguait notre pauvre père.

Pardon, pauvre vieux, si je te dis des choses que tu devines, mais à mille lieues de distance on est si loin ! Et maintenant que tu es seul pres d’elle, fais-toi double et remplace-moi.

Adieu, embrasse pour moi Julie et Juliette[1], tout le monde, tous les nôtres, cela va sans dire.

Tout à toi. Ecrivez-moi au Caire. Je t’embrasse.

243. A LOUIS BOUILHET.

de Saltatoribus.

[Fin décembre 1849 — début janvier 1850.]

Nous n’avons pas encore eu de danseuses ; elles sont toutes dans la Haute-Egypte, exilées. La partie que nous devions faire sur le Nil la dernière fois que je t’ai écrit a raté. Du reste, il n’y a rien de perdu. Mais nous avons eu les danseurs. Oh ! Oh ! Oh !

C’est nous qui t’avons appelé! J’en ai été indigné, et très triste. Trois ou quatre musiciens jouant des instruments singuliers (nous en rapporterons) se tenaient debout au Fond de la salle de l’hôtel pendant que, sur une petite table, un monsieur prenait son repas et que nous autres nous fumions nos pipes, assis sur le divan. Comme danseurs, figure-toi deux drôles passablement laids, mais charmants de corruption, de dégradation inten-

  1. Femme et fille d’Achille Flaubert.