Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/156

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. 1 go , ·CORRESPONDANCE' "danses que nous avons fait danser devant nous ont 4 un caractere trop hiératique pour ne pas venir des danses du vieil Orient, lequel est toujours _ jeune, parce que la rien ne change. La Bible est 4 p ici une peinture de mœurs contemporaines. Savez- · vous qu’il y a quelques années on punissait encore de la peine de mort le meurtrier d’un bœuf, tout - comme au temps d'Apisl Vous vo ez qu’il y a de , ` quoi s’amuser et dire sur tout cela bien des sot- tises. Quant à nous autres, nousnous en abstenons le plus possible. Si nous publions quelque chose, ce serait au retour, mais d’ici la que rien ne trans- ‘ ` pire. Lavolee m'avait demandé quelques articles , ou des bouts de lettres pour la Revue orientale. ` ll s`en passera, malgré mes promesses; mon in- V tention est bien arrêtée de ne- rien publier d'ici» à lonâtemps encore, pour plusieurs motifs que je _ regar e comme tres graves et que je vous expli- querai plus tard, cher ami. . Vous devinez, d'aprês ce qui précède, la ma- niere dont nous vivons. Nous courons toute la — ~ journée les bazars, les mosquées, les tombeaux. Nous rentrons le soir éreintés et nous ronflons comme des toupies d'Allemagne. Quelquefois, nous nous arrêtons pour dejeuner chez un restau— rant turc. La on déchire Ia viande avec ses mains, on recueille la sauce avec son pain, on boit de l'eau dans des jattes, la vermine court sur la muraille, . et toute l’assistance rote at qui mieux mieux : c’est charmant. Vous croirez difficilement que nous y . Faisons d’excellents repas et que l’on y prend du - cafe dont l’arome est capable de vous attirer, vous, · _ de Paris jusqiuici. Néanmoins la premiere fois que j’y fus, j’ai eaucouppensé a M"" Cloquet, qui ·