Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/168

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` 162 CORRESPONDANCE Il me f`audrait_plus de toupet que je n’en ai pour demander une récompense apres cela. Je deviens _ de moins en moins cupide de quoi que ce soit. Apres mon retour, `e reprendrai ma bonne et belle vie de travail, dans mon grand cabinet, sur mes bons fauteuils, auprès de toi, ma pauvre vieille, et ce sera tout. Ne me parle donc pas de me pousser. Me pousser a quoi? Qu’est-ce qui me peut satisfaire, si ce n'est la volupté permanente de la table ronde? N’ai-je pas tout ce qu'il y a de · plus enviable au monde ? Yindépendance, la ·‘ liberté de ma fantaisie, mes deux cents plumes taillées et lîart de s'en servir. Et puis\c’est que l'Orient, l’Egypte surtout, est un pays raplatis- sant pour toutes les petites vanités mondaines. A force de parcourir tant de ruines, on ne pense pas a se dresser des bicoques; toute cette vieille , poussière vous rend indifférent de renommée; A l'beure qu'il est, je ne vois nullement (au point de vue littéraire même) la nécessité de faire parler de moi. Habiter Paris, publier, se remuer, tout cela me semble bien fatigant, vu de si loin. Peut- être dans dix minutes aurai-je changé d'avis. Mais je ne demande qu°une chose à mes semblables, c'est de me laisser tranquille comme ie fais envers eux. _ z4g. À LA MÈME. , Beni-Souëf`, 14. février [1850], à bord de la cange. Depuis huit jours que nous sommes partis, nous avons fait environ 25 lieues, ayant eu at par- tir du second jour le vent contraire, ou plutôt