Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/175

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 169 pour parvenir jusqu’a moi. Ma mère m’écrit qu’elle ne te voit guère souvent. Pourquoi cela? Si ça (embête trop, fais-le un peu à cause de moi et > tâche de me dire ce qui se asse dans ma maison , sous tous les ra ports possibles. As-tu été et Paris? es-tu retourné chez Gautier? et Pradier, l’as-tu vu ? ‘ Qu’est-ce qu'est devenu le voyage en Angleterre a propos du conte chinois? Je rognonne souvent de tes vers, va, pauvre bougre. .l’a1 besoin tout de suite de te faire une ré aration éclatante relative- ment au mot «vagabonél)» appliqué au Nil : Que le Nil vagabond roule sur ses rivageslül II n’y a pas de désignation plus juste, plus pré- cise, ni plus large a a Fois. Cest un fleuve co- casse et magnifique, qui ressemble plutôt à un Océan qu’a autre chose. Des grèves de sable s'étendent à perte de vue sur ses bords, sillonnées par le vent comme les plages de la mer. Cela a des proportions telles que l’on ne sait pas de quel côté est le courant, et souvent on se croit enfermé dans un grand lac. Ahl maisl Si tu (attends a une lettre un peu propre, tu te trompes. Je (avertis très sérieusement que mon intelligence a beaucoup _ baissé. · En fait de travail, je lis tous les jours de`l’Odys- sée en grec. Depuis que nous sommes sur le Nil ~ j’en ai absorbé quatre chants; comme nous revien- · olrons parla Grèce, ça pourra me servir. Les pre- miers jours je m’étais mis à écrire un peu, mais . V ' j’en ai, Dieu merci, bien vite reconnu l’ineptie. ll vaut mieux être œil, tout bonnement. Nous vi- 0) Melamis, chant lll-