Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/183

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


IDE GUSTAVE FLAUBERT. 177 branches minces des gazis. Cela sifllait comme dans des jones; les montagnes étaient roses; le soleil montait,.mon matelot allait devant moi, se courbant pour passer sous les buissons et me dési- gnant d’un geste muet les tourterelles qu’il voyait » sur les branches. Je n'en ai tué qu’une : je ne les voyais pas. Je marchais, poussant mes pieds devant _ ~moi et songeant ai des matinées analo ues... a une entre autres, chez le marquis de lêomereu, au Héron, apres un bal. Je ne m’étais pas couché et le matin j’avais été me promener en barque sur l’étang, tout seul, dans mon habit de colle e. Les cygnes me regardaient passer et les Feuilles des arbustes retombaient dans l’eau. Cétait peu de jours avant la rentrée; jlavais quinze ans. Comme nature, ce que fai encore vu de mieux, ce sont les environs de Thèbes. A partir de Keneh l'Egypte perd son allure agricole et pacifique, les _ montagnes deviennent plus hautes et les arbres plus grands. Un soir, dans les environs de Den- dérah, nous avons fait une promenade sous les . doums (palmiers de Thèbes) ; les montagnes étaient lie de vin, le Nil bleu, le ciel outremer et les ver- dures d’un vert livide; tout était immobile. ça avait l’air d'un paysage peint, d’un immense décor de théâtre fait expres pour nous. Quelques bons _ _ ' Turcs Fumaient au pied des arbres avec leurs tur- bans et leurs longues pipes. Nous marchions entre les arbres. _ ` A propos, nous avons vu déja beaucoup de ` crocodiles. lls) se tiennentà l'angle des îlots, comme ` ` _ des troncs dlarbres échoués. Quand on en ap- roche, ils se laissent couler dans l’eau comme · de grosses limaces grises. ll y a aussi beaucoup de II. iz