Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/221

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE GUSTAVE FLAUBERT. 4 21 5 à notre vie interieure te fait plaisir. Tu vois que nous passons le temps assez gaiement et que nous avons beau chapger de pays, nous ne changeons ` pas d’humeur. ’importe, ça ne me fera pas de peine non plus d'être arrive au Caire pour avoir de tes lettres. .l'ai reçu les dernières a Keneh le I7 mai, il y a bientôt six semaines. ~ Nous avons ete accueillis ai Siout par le me- ` decinm du lieu, un Français, et accueillis cl’une Façon remarquable. Pendant deux jours, nous nous sommes cmpimès chez cet excellent garçon; ça nous a remis le torse en etat et delasses un moment du poulet, du riz et du pain moisi. Qn rencontre ainsi de braves gens auxquels on niest nullement recommande et qui sont enchantes de vous recevoir. Cela tient a l’ennui ou ils vivent, a la disette de nouvelles, et au regret du pays dont on leur apporte quelque chose. Nous avons vu, pres de Manialout, les grottes q e ~· - de Samounlm. C'est un cimetière souterrain ou il Faut ramper pendant trois quarts d’l1eure sur la poitrine et sur le ventre. Cette expedition est aussi ereintante que curieuse. On en sort exténué. Tout suinte le bitume des embaumements; la poussière des momies vous prend a la gorge et vous fait tousser, les chauves-souris voltigent autour de votre lanterne. C’est une jolie prome- nade à faire avec une dame. Nous en avons rap~ porte des momies de crocodiles, des pieds et des l mains humaines dorées, choses à ap endre dans nos locaux. L’entassement qu'il y a la est inouï. (1) D' Cuny. ` — (2) La grotte des crocodiles, près de Ma‘abcleh.