Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/257

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- DE GUSTAVE FLAUBERT. ` 251 Fourier 1 qu’elle serait plus tard la capitale de la terre. Cest réellement énorme comme humanité. Ce sentiment d’écrasement que tu as éprouvé à ton entrée à Paris, c’est ici qu'il vous pénètre, en coudoyant tant d’hommes inconnus, depuis le Persan et l’lndien jusqu’à l’Américain et l’Anglais, tant dlindividualités séparées dont lladdition For- midable aplatit la vôtre. Et puis, c'est immense. On est perdu dans les rues, on ne voit ni le com- mencement ni la lin. Les cimetières sont des Forêts au milieu de la ville. Du haut de la tour de Ga- lata, on voit toutes les maisons et toutes les mos- quées ( a côté et parmi le Bosphore et la Corne- d’Or pleins de vaisseaux). Les maisons peuvent étre comparées aussi a des navires, ce qui fait une flotte immobile dont les minarets seraient les mâts ` des vaisseaux de haut bord phrase un peu entor- tillée, passons). .l’aurai demain ton nom, Loue Bouilbctte (pro- · nonciation turque), écrit sur papier bleu en lettres d’or. Cest un cadeau ue je destine à orner ta chambre. Cela te rappéllera, quand tu le regar- deras tout seul, que je Fai beaucoup mêlé à mon voyage. En sortant de chez les « malins» écrivains) ou nous avions discuté le papier, l’ornementation et le prix de ladite pancarte, nous avons été donner à manger aux pigeons de la mosquée de Bajazet. « lls vivent dans la cour de la mosquée, par cen- » . taines. Cest une œuvre ie ue deleur jeter du grain. Quand on arrive, ils salbattent sur les dalles de tous les côtés de la mosquée, des corniches, des toits, des chapiteaux des colonnes. Le port a aussi ses oiseaux Familiers. Au milieu des navires et des caïques,`on voit les cormorans voler ou qui