Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/271

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DE GUSTAVE FLAUBERT. A 265 · col de chemise; ainsi du reste. D’Athenes nous filerons probablement sur Patras, apres avoir vu de la Grece ce que 'nos moyens nous permettront, et ils ne nous permettront pas grand’chose. Et a Patrasnous nous embarquerons our Brindisi, d'ou nous irons par terre jusqu’a l\laples. Tel est notre plan. Sinon, il Faudrait retourner ai Malte, y · faire cinq jours de quarantaine et quatre de libre pratique, et de Malte se rembarquer pour Naples, ce qui serait peu amusant, surtout pour Maxime. qui redoute la mer. Quant a moi, ily suis crâne. Cest, avec Yéquitation, un talent que fai acquis ' _ en voyage, car je suis maintenant « aussi bon homme de cheval que de pied >> comme M. de Montluc. Autre talent : ïentends tres bien l’italien; il y a du moins peu de choses qui miéchappent quand on ne le parle pas trop vite; pour ce qui ` est de le parler, je baragouine quelques mots.` Mais - ce qui me desole, c’est le grec; leur s. n. d. D. de prononciation est telle, que je reconnais a peine un mot sur mille. Le grec moderne est tellement mêle de slave, de turc et d’italien, que l’ancien s'y ` ' noie; et ajoutez a cela leurs polissonnes de lettres silllees et avalées! A Athenes je serai moins ébou- rifle; on y parle plus litterairement, . En lait de haute littérature, nous avons rencon- tre ici M. de Saulcy, membre de l’lnstitut et di- recteur du Musee d’Artillerie, qui voyage avec Edouard Delessert, le fils de l'ancien préfet de A police, et toute une bande qui les accompagne. Des le debut, grande familiarité; on retranche le , monsieur; questions de la plus franche obscenite, plaisanteries, bons mots, esprit français dans toute sa grâce. Nous leur avons conseillé de ne pas aller I