Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/272

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266 CORRESPONDANCE I dans le Hauran, où infailliblement ils se seraient . fait casser leurs gueules. Je crois que c’est un ser- vice que nous leur avons rendu la. Des le lende- main nous étions devenus tellement amis que M. de Saulcy me tapait sur le ventre en me disant: « Ah! mon vieux Flaubert. » Cest une connais- —( sance, ou plutôt ce sont ‘deux connaissances que je cultiverai plus tard. M. de Saulcy est celui qui a trouvé le moyen de lire le cunéilorme. · Nous dînons a res-demain à l’ambassade chez le énéralm. Ce brave général néglige la tenue r · diplomatique; dans l'intimité il donne de grands coups de poing dans le dos de Maxime en l'ap- pelant sacré_ farceur. ·J’ai cuydé crever de rire hier au théâtre, ai la représentation d’un ballet : Le triomphe de l’Am0ur. Les danseuses pinçaient, aux yeux du public, un cancan eH`réné. La haute société, croyant que c’est le suprême bon ton, applaudissait ai outrance. Les bons pachas étaient transportés. Il y avait des petites filles déguisées en amours qui lançaient des Heches, et un dieu Pan avec un pantalon de velours a bretelles. Cétait bon. Je viens de me promener a cheval, tout seul avec Stéphan , pendant trois heures. Il faisait tres _f`roid. Le ciel, est pâle comme en France. Nous avons galopé sur des `landes a travers champs. q J’ai rejoint les eaux douces d’Europe où, dans l’été, les belles dames d’ici viennent marcher sur l’herbe avec leurs botteside maroquin jaune. lldy avait a la place de promeneurs un troupeau e U) Le général Aupiclc, qui épousa, en secondes noces, la mere de Charles Baudelaire. ` `