Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/284

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278 CORRESPONDANCE nos pieds. Au détour de la route, le comte Ko- sielski, mon compagnon, dirigeant sa bête comme un lancier et se couchant tout entier sur son col, · ' fondait sur les chiens et leur lançait de grands coups de Fouet, puis, faisant une volte, continuait _ sa route sans s’arréter. . .l'ai vu les mosquées, le sérail, Sainte-Sophie; au sérail un nain, le nain du sultan, jouant avec les eunuques blancs à côté de la salle du trône; le _ nain habillé d’une manière cossue, a Feuropéenne, sous-pieds, paletot, chaîne de montre, était hi- deux. Quant aux eunuques, les noirs, les seuls que j’eusse vus jusqu’a présent, ne m’avaient fait aucun eflet. Mais les blancs! le ne m'y attendais _ guère. lls ressemblent a de vieilles Femmes mé- ' chantes. Cela vous irrite les nerfs et vous tour- mente l’esprit. On se sent pris de curiosités dévo- · rantes, en même temps qIu’un sentiment bourgeois vous les fait haïr. ll _y a à. quelque chose de telle- ment antinormal, plastiquement parlant, que votre virilité en est choquée. Explique-moi ça. N'im- porte, ce produit est une des plus drôles de choses qui soient sorties de la main humaine. Que ·n’au- rais-je pas donné en Orient pour me faire l'ami d'un eunuquel Mais ils sont inabordables. A pro- pos du nain, cher seigneur, il va sans dire qu’il m’a remis en mémoire e gentil Caracoîdèslll. _ l..'Orient ne sera bientôt plus que dans le soleil. A 'Constantinople, la plupart des hommes sont habillés a l’européenne; on y joue l’opéra; il y a des cabinets de lecture, des modistes, etc. Dans cent ans d’ici, le harem, envahi graduellement par Q » W Personnage de Mclaenis, chant [I. ` _