Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/288

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282 CORRESPONDANCE Adieu, cher bon vieux; je“t’emb1·asse. Au prin- temps prochain, tu_ me reverras avec les roses. Nous reprendrons nos clairs de lune. 276. À SA MERE. I Athènes, 2+ décembre 1850. . · Nous cassepétons de satisfaction d’étre à Athènes. Et d'abord il nous semble étre au prin- p temps, comparativement à Constantinople qui, ‘ dans fhiver, est une Véritable Sibérie. Les vents . de la Russie rafraichis par la mer Noire vous y arrivent de premiere main. lei nous retrouvons les myrtes et les oliviers, qui nous rappellent notre · bonne Syrie. Et puis les ruines! les ruines! Quelles mines! Quels hommes que ces Grecsl Quels ar- tistes! Nous lisons, nous prenons des notes! Qu_ant a moi, je suis dans un état olympien, faspire l'antique a plein ceweau. La vue du Par- thénon est une des choses qui m’ont le plus pro— fondément pénétré de ma vie. On a beau dire, l’Art n’est pas un mensonge. Que les bourgeois soient heureux! le ne leur envie pas leur lourde · félicite. . — Nous sommes restés cinq jours au lazaret du Pirée. Sous prétexte de lazaret, on vous y ecorche vif Nous avons été rincés cfimportance sous le _ rapport de la bourse. Quel infâme brigandage que ces quarantaines! Comme on est complete- ment en prison, on vous vend tout au poids de · l’or; et comme il n’_y a jamais rien de prêt, il faut l’aller chercher a la ville, et les commissionnaires