Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/329

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P DE GUSTAVE FLAUBERT. 52; de se salir sur le sable ou d’être écrasé sous les pieds, je rentre dans ma coquille. Je ne dis pas , que je ne sois fpoint capable etoute espece d'ac- tion, mais il aut que ça dure peu et qu’il y ait plaisir. Si j’ai la Force, je n’ai pas la patience, et c'est la patience qui est tout. Saltimbanque, j’au· rais bien levé des fardeaux, mais je ne me serais jamais promené en les Cportant au bout du poing ~ Cet esprit d’audace et-. e souplesse déguisées, e ' savoir-vivre, qu’il faut, I’art de la conduite, tout cela m’est lettre close, et je ferais de grandes sot- tises. Dans ta derniere nouvelle, tu as supprimé ‘ deux passages que tu considérais comme scabreux; · c’est une concession humiliante ui m’a irrité contre toi. Je ne suis pas certain dle ne pas t'en vouloir encore, et il est possible que je ne te par- . donne jamais. · La Muse me re roche « le cotillon de ma mere ». J’ai suivi ce cotillon à Londres et il m’accompa- gnerait bien à Paris. Oh! si tu me débarrassais de mon beau-Frère et de..., combien je sentirais peu le voisinage de ce cotillon! Hier j’ai parlé lon- guement de tout cela avec ma mere. Elle est comme moi, elle n’a pas d’avis. Son dernier mot a été: « Si tu as fait quel ue chose que tu trouves bon, publie—le.>> Me voila bien avancé! Au reste, je te donne tout ce qui précède comme un theme a méditation. Seulement médite et considère-moi tout entier. Malgré ma phrase de l’Educati0n semi- · mentale : « Dans les conlidences les plus intimes, il y a toujours quelque chose qpe l'on ne dit pas W), je t'ai tout dir, autant qu’un omme peut etre de ‘ (1) (Euvres de Jeunesse inédites, t. lll, p. 49. ZI ·