Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/330

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I 32.4 - CORRESPONDANCE bonne foi avec lui-méme. ll me semble que je le ‘ suis. .le_t’expose mes entrailles. Je me fie à toi, je ferai ce que tu voudras. Je te remets mon individu, q dont `e suis harassé. Je ne me doutais guère, quand fai commencé ma lettre, que ïallais te dire tout cela. ça est venu; que ça parte. Nos pro- chaines causeries en seront peut-être simplifiées. Adieu, je t'embrasse avec un tas de sentiments. 291. À LOUISE COLET. ` _ [Croisset] Nuit cle jeudi, 1 heure [lin octobre 1851]. ~ Pauvre enfant! Vous ne voudrez donc jamais comprendre les choses comme elles sont dites? ` Cette parole, qui vous semble si dure, n'a pour- tant pas besoin d'excuses ni de commentaires et, si elle estamere, ce ne peut être que pour moi. Oui, je voudrais que vous ne m’aimiez pas et que vousne m’eussiez jamais connu et, en ce a, je crois exprimer un regret touchant. votre bonheur. Comme je voudrais n'être pas aimé de ma mere, ne pas l’aimer, ni elle ni personne au monde, ie " voudrais quîil n'y eût rien qui partit de mon coeur . pour aller aux autres, et rien qui partît du coeur des autres pour venir au mien. Plus on vit, plus on soullre. Pour remédier àà l'existence, n'a-t-on pas inventé, depuis que le monde existe, des mondes imaginaires, et l'opium, et le tabac, et les liqueurs Fortes, et l’éther? Béni celui qui a trouvé le chloroiorme. Les médecins objectent qu’on en