Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/362

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3 5 6 CORRESPONDANCE · V ` lls vont gagner de l’argent. Il n’_y a que moi qui ` reste toujours avec une non-position et léger esclio- lier comme ai 18 ans. Je vois cependant tous mes camaradesou mariés, ou établis, ou sur le point de fêtre. A propos, iai un mien ami _qui veut me faire faire un mariage de deux cent mille livres de rentes avec une mulâtresse qui parle six lan- gues, est née ai la Havane et a une humeur char- ` mante. Me vois~tu en train de confectionner un , R tas de moricauds? Oîmél Je n'en ai guère envie, ' de la femme ni des enfants. Quantà l’argent, moins qu’autrefois.; J’ai bien vieilli sous le rapport d'un tas de cupidités dont la satisfaction, jadis, me sem- blait indispensable. Et puis à force de se répéter que les raisins sont verts, ne finitèon pas par le croire? Aussi je vais donc au jour le jour, tra- vaillant pour travailler, sans plan de vie, sans. pro)ets (feu ai trop fait, de'pro]ets>, sans envie · quelconque, si ce n’est de mieux écrire. , Quant à la question matérielle, mon voyage V m'a écornillé un peu. D’un autre côté, la fortune de ma mere ne s’améliore pas par le temps qui court. Enfin! Et toi, donne-moi de tes nouvelles et surtout , de celles de ta femme. Reprenons fhabitude de nous donner de temps ai autre signe de vie. Si tu m’avais écrit cet été que tu étais aux Andelys, fy aurais été certainement. r Adieu, mon bon vieux, reçois la plus cordiale embrassade de ton plus vieil ami. A