Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/371

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 36; Cest quelque chose. Quoique je n’accepte pas tout ce que tu m’en dis, je pense_ que les amis n ont pas voulu voir tout ce qu’il y avait la. ça eté legere- ment juge; je ne dis pas injustement, mais ege- rement. Quant ai la correction que tu m’indiques, nous en causerons; c’est enorme. Je rentre avec grand dégoût dans un cercle dïdees que fai aban- donne, et c’est ce qu’il faut faire pour corriger dans leton des autres parties circonvoisines. . . J`aurai bien du mal ai refaire mon Saint. Je devrai m’absorber bien longtemps pour pouvoir inventer quelque chose. Je ne is point que je ' n’essayerai pas, mais ce ne sera pas de sitôt. Je suis dans un tout autre monde maintenant, celui de Yobservation attentive des details les plus plats. J’ai le regard penché sur les mousses de · moisissure de l’ame. Il v a loin de la aux flam- , boiements mythologiques et tbeologiques de Saint — ` Antoine. Et, de meme que le sujet est diflerent, fecris dans un tout autre procede. Je veux qu’1l _ n’y ait pas dans mon. livre un seul mouvement, ni une seule 'réflexion de l’auteur. Je crois que ce sera moins eleve que Saint An- toine comme idees (chose dont je fais peu de cas), ` mais ce sera peut-être plus raide et plus rare, sans qu’1l y paraisse. Du reste, ne causons plus de Saint Antoine. ça me trouble, ça m’y rm resonger et perdre un temps inutile. Si la chose est bonne, tant mieux; si mauvaise, tant pis. Dans le pre- mier cas, qu’1mporte le moment de sa pub rca- ‘ tion? Dans le second, puisqu’elle doit perir, ai quoi bon? J’ai un peu mieux travaille cette semaine. J’irai, a Paris d'ic1à un mois ou cinq semaines, car je vois