Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/415

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 409 Y voit que Vlêrtber, qui n’est qu'une des mansardes de cet immense énie. Chateaubriand est comme Voltaire. lls ont fait (artistiquement) tout ce qu’ils ont pu pour gâter les plus admirables facultés que le bon Dieu leur avait données. Sans Racine, V Voltaire eût été un grand poete, et sans Fénelon, qu’eût fait l’homme qui a écrit Velléda et René! Napoléon était comme eux : sans Louis XIV, sans ce fantôme de monarchie qui l’obséclait, nous n’aurions as eu le galvanisme d’une société déja cadavre. Cle ui fait les figures de l’antiquité - si belles, c’est qu’ellles étaient originales : tout est ` là, tirer de soi. Maintenant par combien d’étude il faut asser pour se dégager des livres, et qu’il en ‘ faut lire! II faut boire des océans et les re isser. Puisque tu admires tant la belle périphrase du pere cle Pongerville, « le tapis qu’a grands frais Babylone a t1ssé>>, je pourrai Éapporter un acte cllune tragédie que nous avions commencée il y a cinq ans, Bouilhet et moi, sur La Découverte de la vaccinem, ou tout est .de ce calibre, et mieux. .l’avais à cette époque beaucoup étudié le théâtre de Voltaire que j°a1 analysé, scene par scene, cl’un — bout at l’autre. Nous faisions des scénarios, nous lisions quelquefois, pour nous faire rire, des tra- , gédies de Marmontel, et ç’a été une excellente etude. II faut lire le mauvais et le sublime, pas cle médiocre. Je t'assure que, comme style, les gens que lie déteste le plus m’ont peut-être plus servi que es autres. Que dis-tu de ceci pour dire un bonnet grec: · Pour sa tête si chère Le commode ornement dont la Grèce est la mère, I U) Voir CÈuvres Je jeunesse inédites, Ill, p. 3 39.