Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/419

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DE GUSTAVE FLAUBERT. · 41; Tu as bien envie de me voir, chère Louise, et moi aussi. J’éprouve le besoin de t’embrasser et de · te tenir dans mes bras. .l'espère, ai la lin de la semaine prochaine à peu près, pouvoir te dire au juste quand nous nous verrons. Je vais être dérangé cette semaine ar l’arrivée de cousines (inconnues) et assez égrilllardes, à ce qu'il paraît, du moins l’une d’elles. Ce sont des - parentes de Champa ne, dont le pere est direc- ` teurde je ne sais quelles contributions a Dieppe. Ma mère a été les voir avant—hier et hier, jours où je suis resté seul avec l’institutrice. Mais sois sans crainte, ma vertu n’a pas failli et n'a pas même songé a faillir. A la fin de ce mois, ma nièce, la petite de mon frère, va faire sa premiere commu- nion. Je suis convié a deux dîners et à un décu- ner. Je m’empiHrerai; ça me distraira. Quand on ne se gorge pas dans ces solennités,·qu’y faire? Te voi à donc au courant de ma vie extérieure. Quant a l’intérieure, rien de neuf J’ai lu Rodo- gune et Tbéoclorem cette semaine. Quelleimmonde _ chose que les commentaires de Nl. de Voltaire! Est—ce bête! Et c’était pourtant un homme d'esprit. Mais l’esprit sert a peu de chose dans les arts, a empêcher Yenthousiasme et nier le génie, voila tout. Quelle pauvre occupation que la criti ue, puis- qu’un homme de cette trempe-la nous (donne un pareil exemple! Mais il est si doux de faire le pédagogue, de reprendre les autres, d’apprendre aux gens leur métier! La manie du rabaissement, qu—i est lalèpre morale de notre époque, a sin- - U) Tragéclies de Corneille, avec les commentaires cle Voltaire.