Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/427

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 42 : ` nir méchant et me renfbrcent d’autant dans un · exclusivisme sombre qui me mènerait a une étroitesse catonienne. Que je me remercie de la bonne idée que fai eue de ne pas publier ! Je nai encore tremlpé dans rienl Ma muse (quelque déhanchée ‘ I, qu’e le puisse être) ne s’est point- encore prostituée, et fai bien envie de la laisser crever vierge, ai voir _ toutes ces véroles qui courent le monde. Comme je ne suis pas de ceux qui peuvent se faire un public et que ce public nest pas fait pour moi, je m’en passerai. « Si tu cherches a plaire, te voilà. déchu», dit Epictète. le ne déchoirai pas. Le sieur Musset me paraît avoir peu médité Epictete, et _ cependant ce nest pas l'amour de la vertu qui manque dans son discours. ll nous apprend que M. Dupaty était honnête homme et que c’est bien beau d’être honnête homme. La-dessus, satisfaction , énérale du public. (Voir Gabrielle, de M. Emile râugier.) lfeloge des qualités morales, agréablement entrelace ai celui des qualités intellectuelles et mises ensemble au même niveau, est une des plus . belles bassesses de l’art oratoire. Comme chacun croit posséder les premieres, du même coup on s’attribue les secondes l_ .l’ai eu un domestique qui avait l’habitude de prendre du tabac. Je lui ai souvent entendu- dire lorsqu’il prisait (pour s'excuse1· cle son habitude) 1 «Napoléon prisait». Et la tabatiere en ellet établissait certainement une certaine parenté entre eux deux, qui, sans abaisser le grand omme, relevait beaucoup le goujat dans sa propre estime. b Voyons un peu ce fameux discours. Lekdébut .est des plus mal écrits ; il y a une série de que de quoi faire vingt catogans. Je trouve ensuite du res- '