Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/438

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_ 432 CORRESPONDANCE I s'essouHle à refaire une strophe a laquelle je re- nonce.` Je te dirai au bas de ma lettre nos obser- vations. Il y a de bonnes choses dans ta piece. pvec peu `de corrections, elle peut étre excel- ente. .l’ai repris mon travail. .l'espere qu’il va aller, mais franchement Bovary m’ennuie. Cela tient au sujet et aux retranchements perpétuels que je fais. · Bon ou mauvais, ce livre aura été pour moi un tour de force prodigieux, tant le style, la composition ,_ , ` les personnages et l’«·#t sensible sont loin de ma maniere naturelle. Dans Saint Antoine j’étais chez· moi. lci, je suis chez le voisin; aussi je n’y trouve ' aucune commodité. · - · La lettre de l'Arménien m’a fait plaisir. Ce sont , _ de ruses drôles que les Arméniens. Mets-toi.en _. garde contre tout ce qui est oriental civilisé. Ces gens-là ont les vices des deux mondes. Avis. « Quand je retournerai en Orient... » dis-tu. ' Hélas la saison de ma migrationest passée; je suis _ ` · cloué et pour lon tempsl .l'aurais pourtant bien A besoin d'eaux de âouvence. Au' fond je me sens las. Après les leçons de géographie que je donne ` à ma niece, je reste quelque ois a regarder la carte avec des mélancolies sombres que je tais. Ohl la vie est trop courte et trop longue. ` ` C’est un homme charmant que ce capitaine. II te fait mon éloge (discrètement, par savoir- vivre, devinant son auditeur) et il admire l’Ane _ d’0r. Vivent mes compatriotes! Mets-toi a ce bou- quin et dévore-le. Je ne. m’étonne point que le Philosophese soit récrié. C'est du vin trop fort pour lui; il l’épouvante. Moi, ·j’aime les choses qui me Font peur. A propos de peur, j’ai frémi a