Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/446

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44o CORRÉSPONDANCE _ arrivé avec sa tournure. Quelle clifliculté qu'une I narration psychologique, pour ne pas toujours . rabâcher les mêmes choses! ` Du Camp m’a envoyé ses photographies. Je . viens de lui écrire un mot pour le remercier. Si la Revue de Paris commence à décliner, voilà mes prédictions qui commencent a se vérifier. Il sera peut-être complètement coulé que je ne serai pas encore ai Hot. Lui qui devait me rendre à son · · bord, je lui tendrai peut-être la P€TCïl€.iNOD, je ne regrette pas d’être resté si tard en arriere. Ma vie, du moins, n’a jamais bronché. Depuis le temps _ ou j’écrivais en demandant a ma bonne les lettres qu’1l Fallait employer pour faire les mots des phrases que j'inventais_, jusqu’a ce soirou l'encre seche sur les ratures de mes pa es, j’ai suivi une ligne droite, incessamment proâmgée et tirée au cordeau ai travers tout. .l'ai toujours vu le but se reculer devant moi, d'années en années, de pro- gres en progres. Que de Fois je suis tombé a ` plat ventre au moment ou il me semblait le tou- cher! Je sens pourtant que je ne dois pas mourir sans avoir fait rugir quelque part un style comme je l’entends· dans ma tête et qui pourra bien do- _miner la voix des perroquets et des cigales. Si jamais ce jour que tu attends, où l’approbati0n de la Foule viendra derrière la tienne, arrive, les trois quartsfet demi du plaisir que j’en aurai - seront à cause de toi, pauvre chère femme, qui m’as tant aimé. Mon cœur n’est pas ingrat; il n’oubliera jamais que ma première couronne, i c’est toi qui l'as tressée et qui me l’as posée sur le Front avec tes meilleurs baisers. Eh bien, il y a ` des choses plus voisines, que j’envie davantage