Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/459

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 453 demander aux autres : ni considération, ni hon- neur, ni estime méme. Ils se passeront donc de mes lumieres. Je leur demande en revanche u’ils ne m’empoisonnent pas de leurs chandelles.ë’est pourquoi ie me tiens a l’écart. Pour ce qui est de les aider, je ne rel`userai jamais un service, quel qu'—il soit. Je me jetterais ai l’eau pour sauver un bon vers ou une bonne phrase, n’importe de qui. Mais. je ne crois pas pour cela qpe l’humanité ait besoin de moi, pas plus que ie n ai besoin d’elle. Modifie encore cette idée, a savoir que, si je suis seul, je ne me contente pas de moi-même. Cest quand je le serai, content de moi, que je sortirai de chez — moi, où je ne suis pas gâté d’encouragements. Si tu pouvais voir au Fond de ma cervelle, cette ph.rase, que tu as écrite, te semblerait une mon- struosité. ` Si ta conscience t’a ordonné de me donner ces ' conseils, tu as bien fait et je te remercie de l’in- tention. Mais je crois que tu l’étends aux autres, ‘ ta conscience, et que ce brave Louislll ainsi que ce ` bon Théo , que tu associes a ton désir de me façon- ner une petite perruque pour cacher ma calvitie, ~ se foutent completement de ma pratique ou, du moins, n’y pensent guère. « La calvitie de ce pauvre Flaul:>ert», ils peuvent en étre convaincus; mais désolés, feu doute. Tâche de faire comme eux, prends ton parti sur ma calvitie précoce, sur mon . irrémédiable encroûtement. II tient comme la teigne; tes ongles se casseront dessus. Garde-les pour des besognes plus légeres. V A (U Louis de Cormenin. '